La France passe aux  » yeux européens dans le ciel  » : Paris renonce aux AWACS américains

La France a franchi une étape symbolique vers la souveraineté de défense européenne en signant avec la Suède un contrat portant sur la livraison de deux avions de surveillance radar à longue portée GlobalEye. Le montant de l’accord s’élève à 1,1 milliard d’euros, avec deux appareils supplémentaires envisagés en option. La décision a été annoncée par le groupe Saab, rapporte TF1.

Il s’agit, de fait, d’un abandon progressif des avions américains AWACS fabriqués par Boeing, en service dans l’Armée de l’air française depuis les années 1990. Leur remplacement complet est prévu entre 2029 et 2032.

Un signal adressé à Washington et un pari sur l’Europe

Le directeur général de Saab, Micael Johansson, a explicitement lié cet accord à la question de l’autonomie stratégique :

« Cette décision renforce la souveraineté de la France tout en consolidant le système de défense européen. GlobalEye devient une plateforme commune pour la Suède et la France. »

Pour Paris, il ne s’agit pas seulement d’une modernisation technologique, mais aussi d’un geste politique : un élément clé du commandement et du contrôle aériens passe du cadre transatlantique à un périmètre de sécurité européen.

Qu’est-ce que GlobalEye et pourquoi c’est stratégique

GlobalEye est un avion de surveillance multifonctionnel capable simultanément de :

  • détecter des cibles aériennes, maritimes et terrestres ;
  • coordonner les actions des chasseurs et de la défense aérienne ;
  • assurer les fonctions d’un état-major aérien en temps réel.

Contrairement aux AWACS classiques, cette plateforme offre une portée de détection accrue, des capteurs plus modernes et un coût d’exploitation réduit.

Un partenariat de défense élargi entre Paris et Stockholm

Le contrat GlobalEye s’inscrit dans une coopération militaire franco-suédoise plus large, formalisée lors du Salon aéronautique du Bourget. La feuille de route comprend notamment :

  • les missiles air-air Meteor, utilisés à la fois sur les Rafale et les Gripen ;
  • les missiles sol-air Aster, susceptibles d’être intégrés aux navires de la marine suédoise ;
  • la vente potentielle de frégates de nouvelle génération françaises.

La Suède prévoit l’acquisition de quatre frégates d’ici 2035, le choix final de la plateforme devant intervenir début 2026.

Un nouvel équilibre de la défense européenne

La décision française de remplacer les AWACS américains par une plateforme suédoise s’inscrit dans une tendance plus large : l’Europe construit progressivement sa propre écosystème de défense, en réduisant sa dépendance vis-à-vis des États-Unis dans des segments critiques.

GlobalEye dans le ciel français, ce n’est pas seulement un nouvel avion. C’est le symbole d’un changement de logique stratégique, où les piliers essentiels de la sécurité restent de plus en plus au sein de l’Europe.

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