La guerre moderne dépend de moins en moins du blindage classique et de plus en plus de la capacité de survie face à une menace permanente de drones, en particulier les drones FPV. Cette nouvelle réalité a été illustrée par l’armée française lors d’exercices de démonstration impliquant la 2ᵉ brigade blindée des forces armées françaises, où ont été présentées de nouvelles approches de protection des véhicules blindés.
Il ne s’agit pas de concepts futuristes, mais de solutions pratiques issues de l’expérience des conflits contemporains, avant tout de la guerre russo-ukrainienne.
Le drone FPV, menace centrale du champ de bataille
Ces dernières années ont démontré qu’un drone peu coûteux peut détruire un équipement valant plusieurs millions d’euros. Les drones FPV sont devenus un outil de frappe de précision, contre lequel le blindage traditionnel se révèle souvent insuffisant.
C’est pourquoi les ingénieurs français ont mis l’accent non pas sur l’épaississement du blindage, mais sur la neutralisation de l’attaque avant l’impact, en éloignant physiquement la charge explosive de la coque du véhicule.
Protection passive : une forme simple, un sens complexe
Parmi les innovations les plus commentées figurent des structures de protection passive ressemblant visuellement à des « hérissons » ou des « pissenlits ». Ces éléments créent une barrière qui :
– modifie la trajectoire d’impact du drone FPV ;
– provoque une détonation prématurée de la charge ;
– réduit l’efficacité du jet cumulatif.
Des solutions similaires ont déjà été observées en Ukraine, notamment du côté russe. Toutefois, l’approche française témoigne d’une institutionnalisation de l’expérience du champ de bataille : des solutions improvisées deviennent des développements militaires standardisés.
Robots, motos et drones : le champ de bataille de demain
Au-delà de la protection des blindés, l’armée française a présenté une adaptation plus large à la “guerre des drones”. Parmi les équipements démontrés :
– des motos électriques pour des manœuvres rapides et discrètes ;
– des drones armés de munitions suspendues ;
– des drones guidés par fibre optique ;
– des systèmes robotisés terrestres destinés à soutenir les unités combattantes.
Tout cela indique un changement profond de la logique du combat : la mobilité, l’autonomie et la dispersion deviennent plus importantes que la masse et le blindage.
Le front ukrainien comme laboratoire militaire
La nature même des solutions présentées ne laisse guère de doute : les conclusions sont directement tirées de la guerre russo-ukrainienne. C’est là que les drones FPV se sont imposés comme outil tactique majeur, transformant les méthodes d’assaut, de défense et d’emploi des équipements militaires.
La France, comme d’autres armées de l’OTAN, comprend de plus en plus clairement que les guerres futures en Europe ne seront pas des conflits technologiques « propres », mais des affrontements chaotiques, saturés de drones et de moyens de destruction peu coûteux mais extrêmement létaux.
Cap sur 2026 : une réponse à la production massive de drones russes
Ces développements prennent une importance particulière à la lumière des prévisions concernant la Russie : d’ici 2026, Moscou pourrait être capable de lancer simultanément jusqu’à un millier de drones d’attaque contre l’Ukraine. Une telle menace pourrait, à terme, concerner également les armées de l’OTAN.
Dans ce contexte, les initiatives françaises apparaissent comme une adaptation anticipée, et non comme une réaction tardive aux réalités du champ de bataille.
