En France, la mort d’un militant ravive les tensions politiques à l’approche des municipales

Un drame survenu à Lyon a déclenché une vague d’accusations croisées entre formations politiques françaises, à quelques mois des élections municipales. Au centre des débats figure le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon.

L’information a été rapportée par Politico, citant des sources françaises.

Un militant de 23 ans, Quentin Deranc, est décédé à la suite d’une rixe survenue à proximité d’une université où se tenait une conférence avec la participation de l’eurodéputée Rima Hassan, figure montante du parti La France insoumise, dirigé par Jean-Luc Mélenchon.

Après l’annonce de son décès, des groupes d’ultradroite ont organisé des rassemblements d’hommage et ont imputé la responsabilité aux milieux militants de gauche.

Enquête et onde de choc politique

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que des membres du mouvement « Jeune Garde », présenté comme un collectif antifasciste lié à La France insoumise, pourraient être impliqués.

Créée en 2018 à Lyon, l’organisation a par la suite fait l’objet d’une procédure de dissolution engagée par les autorités, qui l’accusent d’incitation à la violence. Un proche du groupe parlementaire du parti, Jacques-Élie Favre, a nié toute implication et s’est mis en retrait temporairement. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a suspendu son accès au Palais-Bourbon.

Accusations de radicalisation

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé que la rhétorique politique agressive, notamment dans certains cercles d’ultragauche, avait pu contribuer à l’escalade des tensions. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a évoqué une « responsabilité morale » de la gauche radicale dans la dégradation du climat politique.

Jean-Luc Mélenchon et ses alliés rejettent ces accusations, affirmant défendre des changements politiques par des moyens démocratiques et non violents.

Le président Emmanuel Macron a réagi en déclarant qu’« aucune idéologie ne saurait justifier un meurtre dans la République ».

L’enquête se poursuit, tandis que l’affaire alimente déjà les tensions et redessine le paysage politique à l’approche du scrutin municipal.

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