La directrice du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a averti qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’économie mondiale, les marchés financiers et l’inflation.
C’est ce que rapporte Bloomberg.
Lors d’un discours prononcé lors d’un symposium économique à Tokyo, Georgieva a déclaré qu’un conflit prolongé pourrait exercer une pression supplémentaire sur la croissance économique et accroître l’instabilité sur les marchés financiers.
Selon elle, les gouvernements doivent se préparer à de nouveaux défis et envisager même les scénarios les moins probables.
« Dans le contexte actuel d’instabilité mondiale, les décideurs doivent penser à l’impensable et s’y préparer », a souligné la directrice du FMI.
Des risques même après la fin du conflit
Elle a également indiqué que des turbulences économiques pourraient apparaître même après la fin des hostilités, ce qui signifie une période prolongée d’incertitude pour l’économie mondiale.
C’est pourquoi, selon Georgieva, les pays doivent renforcer leurs politiques économiques internes et constituer des réserves financières afin de pouvoir réagir à d’éventuels chocs.
Une flambée des prix du pétrole
Les déclarations de la dirigeante du FMI interviennent dans un contexte de forte volatilité des marchés énergétiques. Lors des échanges lundi, les prix du pétrole ont temporairement grimpé jusqu’à près de 120 dollars le baril, une hausse liée à l’escalade dans la région et aux risques pesant sur les routes mondiales d’approvisionnement en énergie.
Une pression supplémentaire sur le marché est venue de la réduction de la production pétrolière par les Émirats arabes unis et le Koweït, qui ont rejoint des mesures similaires prises par l’Irak.
Des perturbations sur une route énergétique clé
Georgieva a également attiré l’attention sur la situation dans le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde.
Selon elle, le volume du trafic maritime dans le détroit a chuté d’environ 90 %.
Cette route assure près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole, ainsi qu’une part importante du commerce de gaz naturel liquéfié (GNL). Elle représente notamment environ la moitié des importations de pétrole des pays asiatiques et près d’un quart de leurs approvisionnements en GNL.
