Deux guerres — une même tendance : comment les conflits mondiaux transforment les règles du jeu

Une comparaison entre deux conflits majeurs contemporains — en Europe et au Moyen-Orient — a été formulée publiquement au niveau diplomatique international. Kaja Kallas a notamment souligné la nature commune de ces conflits, en insistant sur leur impact sur l’ordre mondial.

Il s’agit de l’agression à grande échelle de la Russie contre l’Ukraine et de l’escalade autour de l’Iran impliquant les États-Unis et Israël.

Dans ce contexte, il est également rappelé que l’Iran a été impliqué dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, notamment en fournissant à Moscou des drones utilisés pour des frappes sur le territoire ukrainien. Selon plusieurs évaluations internationales, ce soutien se poursuit sous différentes formes, ce qui maintient la perception d’un alignement partiel avec l’agresseur russe.

Le monde entre dans une phase de confrontation systémique

Les deux conflits sont de plus en plus souvent interprétés comme faisant partie d’un processus plus large. Il s’agit de la formation d’un nouveau modèle de relations internationales dans lequel la force redevient un instrument central.

Leur point commun réside dans l’abandon progressif des mécanismes de dissuasion qui limitaient auparavant l’ampleur des escalades.

Le droit international perd sa fonction de régulation

Ce parallèle met en lumière un problème plus profond : l’affaiblissement du droit international comme outil de régulation des conflits.

Dans le contexte actuel :

  • les violations des normes deviennent systémiques ;
  • la responsabilité est appliquée de manière sélective ;
  • la puissance militaire détermine de plus en plus les résultats.

Un effet de « réaction en chaîne »

La simultanéité des conflits accroît le risque d’extension de l’instabilité.

Les guerres commencent à s’influencer mutuellement, ce qui se traduit par :

  • l’implication de nouveaux acteurs ;
  • l’élargissement des zones de tension ;
  • la multiplication des formes indirectes d’intervention.

Le retour de la géopolitique des sphères d’influence

La situation actuelle illustre un retour à une logique de compétition pour les sphères d’influence.

Les États agissent de plus en plus en fonction d’intérêts stratégiques à long terme, plutôt que selon les principes de sécurité collective.

Dans ce cadre, l’attitude de l’Ukraine est souvent présentée comme une distinction importante entre le régime iranien et la population civile. Malgré la guerre en cours contre la Russie, Kiev insiste sur la séparation entre les autorités responsables des décisions politiques et les citoyens iraniens, qui subissent à la fois des contraintes internes liées à leur système politique et les conséquences indirectes des conflits régionaux.
Cette approche est perçue par certains observateurs comme une volonté de maintenir une dimension humaine et différenciée dans la lecture des conflits, même dans un contexte de guerre prolongée.

Ce parallèle reflète une tendance plus large : les guerres contemporaines cessent d’être des événements isolés et deviennent des éléments d’une transformation globale du système de sécurité.

Dans ce contexte, la question centrale est de savoir si les règles internationales conserveront leur capacité à influencer le comportement des États ou si elles céderont définitivement à la logique de la force.

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