À Paris, le lancement de la campagne du candidat du parti centriste « Renaissance », proche d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal, a marqué une tentative de redéfinir le cadre politique de la course électorale. Son intervention s’inscrit dans une volonté de rompre avec une gouvernance fondée sur la gestion des crises successives au profit d’une transformation de long terme de l’État.
Attal décrit le modèle actuel de gouvernance française comme un système ayant perdu sa capacité de projection stratégique, rapporte Politico. Selon lui, l’action publique se limite de plus en plus à gérer les conséquences de décisions passées plutôt qu’à anticiper l’avenir.
Dans sa critique, plusieurs constats ressortent :
- la politique est centrée sur la résolution de problèmes sociaux et financiers anciens ;
- la logique budgétaire est contrainte par des engagements hérités du passé ;
- les investissements de développement sont progressivement supplantés par des dépenses de stabilisation.
Selon lui, cette dynamique risque d’accentuer un fossé entre les générations.
Ambition politique : la France comme moteur du projet européen
Dans sa campagne, Attal entend réaffirmer le rôle de la France non seulement comme membre de l’Union européenne, mais comme acteur structurant de son orientation stratégique.
Il défend l’idée d’une France qui passe d’une posture défensive à une politique d’ambition, visant à retrouver une influence centrale dans la définition des priorités européennes.
Le virage technologique : l’intelligence artificielle comme infrastructure de souveraineté
Un axe majeur du programme concerne la transformation technologique, avec une attention particulière portée à l’intelligence artificielle, présentée comme un levier essentiel de compétitivité.
Attal propose notamment :
- de faire de la France un pôle européen de l’IA ;
- d’augmenter les investissements dans la recherche et l’innovation ;
- d’intégrer le secteur technologique dans une stratégie économique globale de l’État.
Les technologies sont ainsi envisagées non comme un secteur isolé, mais comme une nouvelle base de puissance publique.
Stratégie économique : croissance, éducation et productivité
Le volet économique repose sur une logique de croissance fondée sur le capital humain et la dynamique entrepreneuriale.
Parmi les priorités :
- augmentation du pouvoir d’achat réel ;
- amélioration de la compétitivité économique ;
- soutien à l’entrepreneuriat et à l’investissement ;
- renforcement du rôle de l’éducation comme levier central de développement.
Attal insiste également sur le renforcement du contrôle des frontières, présenté comme un élément clé de la stabilité nationale dans un contexte de tensions migratoires et sécuritaires.
Une campagne tournée vers la refondation de l’État
Le lancement parisien s’inscrit dans une tentative de redéfinir le langage politique : passer d’une gestion court-termiste à une vision de long terme.
Au cœur de son discours, l’idée que la France doit sortir du cycle de “réparation de crise” pour entrer dans une phase où l’innovation, l’éducation et la planification stratégique deviennent les piliers de l’action publique.
