Le 3 juin à Paris, une action de protestation s’est tenue devant le siège de la chaîne CNews, au cours de laquelle des dizaines de participants ont exprimé leur opposition au rôle public de l’ancienne dirigeante de RT France, Xenia Fedorova.
Les manifestants ont déclaré que sa présence à l’antenne et ses interventions dans des médias liés au groupe de l’homme d’affaires Vincent Bolloré pourraient contribuer à la diffusion de récits pro-Kremlin dans l’espace informationnel français. Sont concernés les plateformes CNews, Europe 1 et Le Journal du Dimanche.
Accusations de “promotion douce de l’agenda du Kremlin”
Les participants à la manifestation brandissaient des pancartes appelant à lutter contre la propagande de guerre et la désinformation, et ont exhorté les autorités françaises ainsi que les régulateurs des médias à renforcer le contrôle des contenus et des experts invités.
Selon les organisateurs, certaines figures des milieux politiques locaux et du monde journalistique ont rejoint le mouvement, préoccupées par la montée en visibilité médiatique de Xenia Fedorova dans le contexte de la préparation de la campagne présidentielle de 2027 en France.
La figure de Fedorova au cœur d’un nouveau débat politico-médiatique
Au centre des discussions reste le rôle de Xenia Fedorova après la fermeture de RT France, intervenue dans le cadre des sanctions de l’UE à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Les critiques estiment que son activité médiatique actuelle au sein de structures liées au groupe Bolloré lui permet de conserver un accès à un large public et de promouvoir des interprétations proches des positions de Moscou, bien que de manière plus indirecte.
Débat entre liberté d’expression et protection contre les influences extérieures
Les partisans de Fedorova et une partie des professionnels des médias soulignent, à l’inverse, que sa participation aux émissions relève de la liberté d’expression et du pluralisme médiatique, qui doivent être préservés même dans un contexte de forte polarisation politique.
Les autorités françaises reconnaissent globalement les risques d’influence étrangère dans l’espace informationnel, tout en rappelant que toute restriction doit rester conforme au droit en vigueur et aux principes démocratiques.
Contexte élargi : médias, élections et pression géopolitique
La situation autour de CNews s’inscrit dans un débat européen plus large sur l’équilibre entre liberté de la presse et lutte contre la désinformation et les influences politiques étrangères.
À l’approche des élections en France, ce conflit prend une dimension de plus en plus politique, reflétant les tensions entre différentes approches de la régulation de l’espace médiatique dans les démocraties.
