L’Arménie organise ce 7 juin des élections législatives dans un contexte de forte attention internationale et de vives tensions politiques. Le Premier ministre Nikol Pachinian, considéré comme le favori du scrutin, affronte plusieurs formations politiques favorables à un rapprochement avec la Russie, rapporte France Info.
Alors qu’Erevan poursuit son rapprochement avec l’Union européenne, de nombreux observateurs estiment que Moscou cherche à préserver son influence dans cette ancienne république soviétique.
Une dépendance économique toujours importante envers la Russie
Malgré l’orientation politique plus marquée vers l’Occident, l’économie arménienne reste étroitement liée au marché russe. Cette dépendance est particulièrement visible dans le secteur agricole, où une part importante des exportations continue d’être destinée à la Russie.
De nombreux agriculteurs craignent qu’éventuelles restrictions commerciales imposées par Moscou n’affectent fortement leurs revenus. À ce stade, le soutien économique européen ne compense pas encore pleinement l’ampleur des échanges avec la Russie.
Influence russe et inquiétudes liées à la désinformation
À l’approche du vote, les débats sur les tentatives d’ingérence étrangère se sont intensifiés. Des experts évoquent la diffusion de fausses informations, des campagnes d’influence et l’utilisation d’outils numériques destinés à peser sur l’opinion publique.
D’autres analystes soulignent toutefois que les sentiments prorusses se sont affaiblis après les événements liés au Haut-Karabakh, qui ont profondément déçu une partie de la population arménienne.
L’Azerbaïdjan demeure la principale préoccupation sécuritaire
Pour de nombreux citoyens, la principale menace ne vient pas de la Russie mais des relations avec l’Azerbaïdjan. Depuis la perte du contrôle du Haut-Karabakh et les tensions frontalières persistantes, une partie de la population redoute une nouvelle escalade.
Bien qu’une mission d’observation de l’Union européenne soit déployée dans la région, certains habitants restent sceptiques quant à sa capacité à prévenir d’éventuels incidents.
Une société en quête de sa propre voie
À la veille du scrutin, de plus en plus de voix en Arménie défendent l’idée que le pays ne devrait pas être contraint de choisir entre l’Est et l’Ouest, mais privilégier avant tout ses propres intérêts nationaux.
Pour beaucoup, ces élections dépassent le simple affrontement entre partis politiques : elles pourraient définir l’orientation géopolitique de l’Arménie pour les années à venir.
