Israël prépare une opération d’envergure en Cisjordanie après les affrontements meurtriers près de Naplouse

Après les heurts survenus dans le village de Tell, qui ont fait deux morts israéliens et quatre Palestiniens, l’armée israélienne a annoncé la préparation d’une « opération antiterroriste à grande échelle ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a promis d’accélérer la légalisation des avant-postes, tandis que la partie palestinienne accuse les colons de provocations.

Vendredi 24 juillet, une vingtaine de colons venus de l’avant-poste voisin de Havat Gilad sont entrés dans le village palestinien de Tell, dans le nord de la Cisjordanie, rapporte Le Parisien. Selon le président du conseil villageois, Walid Zidan, des soldats israéliens déjà présents sur place ont ouvert le feu aux côtés des colons. Des témoins ont rapporté à l’AFP que les assaillants avaient l’intention de « tuer, piller et incendier ».

L’armée israélienne a d’abord parlé d’une attaque contre des « touristes israéliens », avant de décrire un « affrontement violent » entre des dizaines de Palestiniens et d’Israéliens. Selon la version militaire, des coups de feu ont été échangés « des deux côtés ». Un Palestinien s’est emparé de l’arme d’un colon arrivé en renfort et a abattu un homme d’environ trente ans. L’armée a ensuite confirmé la mort d’un second Israélien, un officier de sécurité local de 32 ans.

Quatre Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. L’identité des victimes n’a pas encore été rendue publique.

L’armée renforce sa présence et procède à des arrestations

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que les forces « traquent chaque terroriste impliqué dans l’attaque ». Les permissions des soldats ont été annulées sur l’ensemble du territoire occupé et des renforts importants ont été déployés aux checkpoints. L’AFP a constaté la fermeture de plusieurs points de contrôle dans la région.

Dans la soirée, des soldats ont pénétré dans un hôpital spécialisé de Naplouse. Selon un responsable de l’établissement, ils ont arrêté un Palestinien blessé et son frère, les accusant d’avoir participé aux affrontements. Des témoins ont vu au moins un homme sortir menotté de l’hôpital.

Les violences s’étendent aux villages voisins

Dans le village de Farata, près de Qalqilya, le Croissant-Rouge palestinien a recensés huit blessés, dont plusieurs par balles. Le président du conseil local, Abdel Moneim Shanneb, a accusé des colons, accompagnés de forces israéliennes, d’avoir attaqué le village et incendié des oliveraies. À Sarra, deux hommes ont également été blessés.

Ces incidents sont survenus seulement quelques jours après un incendie près de Havat Gilad, qualifié d’incendie volontaire par certains médias israéliens.

Déclarations politiques et réactions

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a qualifié les événements d’« attaque meurtrière » et a promis d’agir « avec détermination ». Il a également annoncé l’accélération de la légalisation des avant-postes en Cisjordanie — des implantations considérées comme illégales par le droit international. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a appelé l’armée à agir « d’une main de fer ».

La présidence palestinienne a condamné le « terrorisme des colons israéliens à travers toute la Cisjordanie ».

Le contexte de la tension

Environ 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie aux côtés de près de trois millions de Palestiniens. Les violences dans la région se sont fortement intensifiées depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Selon les données officielles israéliennes, au moins 48 Israéliens ont été tués sur le territoire palestinien depuis cette date. D’après les décomptes de l’AFP, le nombre de Palestiniens tués (civils et combattants) dépasse les 1 090 personnes.

La situation reste extrêmement tendue : l’armée continue de renforcer ses effectifs, tandis que chaque camp accuse l’autre de provoquer une nouvelle escalade.

Retour en haut