Le moustique tigre redessine la carte de la France : le réchauffement lui ouvre de nouveaux territoires

La France entre dans une nouvelle phase de lutte contre le moustique tigre. Cette espèce, capable de transmettre le virus de la dengue, s’est au cours des deux dernières décennies largement étendue au-delà des régions où sa présence était autrefois considérée comme exceptionnelle, rapporte France info.

Selon une nouvelle étude menée avec la participation de l’IRD, du CIRAD et du Centre international de physique théorique, la poursuite du réchauffement climatique pourrait rendre les conditions favorables à la survie de ce vecteur sur une grande partie du territoire français.

La propagation se produit beaucoup plus rapidement qu’auparavant

En 2004, le moustique tigre n’était recensé que dans un seul département. Vingt et un ans plus tard, il était déjà présent dans 81 départements.

Cette évolution montre que l’insecte s’adapte avec succès aux nouvelles conditions climatiques. Pour la France, cela signifie que ce qui constituait autrefois un problème sanitaire local devient progressivement un enjeu à l’échelle nationale.

D’ici la fin du siècle, la zone à risque pourrait fortement s’étendre

Le modèle développé par les chercheurs montre une différence majeure entre les différents scénarios possibles pour l’avenir.

Dans un scénario marqué par des émissions élevées de gaz à effet de serre, 89 à 96 % du territoire de la France métropolitaine pourraient devenir favorables à la présence du moustique tigre d’ici 2085.

Même dans un scénario plus favorable, la zone potentielle de propagation pourrait représenter environ 72 % du territoire.

Le réchauffement prolonge de fait la période d’activité du moustique

Le changement climatique n’agira pas uniquement sur la géographie de l’espèce. Des conditions plus chaudes permettront également aux insectes de rester actifs plus longtemps au cours de l’année.

La période potentielle de transmission de la dengue devrait progressivement s’étendre au printemps et à l’automne. Dans les zones les plus chaudes du pourtour méditerranéen et du Pays basque, l’activité du moustique tigre pourrait à terme devenir pratiquement permanente tout au long de l’année.

Le principal facteur est la température, et non la population

Les auteurs de l’étude ont pris en compte plusieurs variables, notamment les facteurs climatiques, démographiques et épidémiologiques. Leur conclusion est toutefois sans ambiguïté : c’est avant tout le changement climatique qui déterminera la future répartition de l’espèce.

Selon les scientifiques, plus de 99 % des changements prévus concernant l’aire de répartition du moustique tigre et le risque de transmission de la dengue seront liés aux conditions climatiques. Les évolutions démographiques auront un impact nettement moindre.

Pour la santé publique, un nouveau risque à long terme

Le moustique tigre est dangereux non pas en lui-même, mais surtout parce qu’il peut être un vecteur d’infections, notamment de la dengue. Plus l’insecte reste actif longtemps et plus son aire de répartition s’étend, plus les possibilités de transmission du virus augmentent.

Ainsi, le changement climatique en France crée progressivement bien plus que des problèmes météorologiques et environnementaux. Il modifie les conditions dans lesquelles certaines maladies infectieuses peuvent se propager, obligeant les pouvoirs publics à intégrer ce facteur dans leur politique de santé publique à long terme.

La France ne peut plus considérer le moustique tigre comme un problème local

L’expansion rapide de son aire de répartition ces dernières années montre que le processus est déjà en cours. La question n’est désormais plus tant de savoir si le moustique tigre continuera à progresser, mais quelle sera l’ampleur de sa présence et combien de temps il pourra rester actif au cours de l’année.

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