Le caporal de la Légion étrangère française José Olger Melo Charry, capturé au début du mois d’août dans le sud-ouest de la Colombie, a réussi à s’échapper par ses propres moyens et se trouve désormais sous la protection des forces de sécurité colombiennes. Son évasion a été rapportée le 7 septembre par les médias colombiens, une information confirmée à l’AFP par une source militaire.
Il s’agit du militaire qui avait été capturé le 6 août lors d’un déplacement dans le département de Nariño, rapporte Le Parisien. Au moment de son enlèvement, il était en congé. Une femme avait également été retenue avec lui dans un premier temps, avant d’être libérée quelques heures plus tard.
Sa captivité avait été revendiquée par un groupe armé
Fin août, le Central General Staff (EMC), l’un des principaux groupes issus des dissidences des anciennes FARC, avait revendiqué la capture du militaire.
Les représentants de l’organisation avaient déclaré avoir capturé l’homme après avoir établi qu’il était un militaire étranger. Le groupe le qualifiait de « prisonnier de guerre », rejetant le terme d’« enlèvement ».
L’EMC avait également averti qu’une éventuelle opération militaire visant à libérer le caporal pouvait mettre sa vie en danger. Selon les autorités colombiennes, aucune demande de rançon n’a été formulée par ses ravisseurs.
Plusieurs jours dans une zone sauvage
Selon les premières informations disponibles, après son évasion, le caporal a passé quatre jours dans une zone isolée, avant de parvenir à rejoindre la commune de Policarpa, dans le département de Nariño.
Il s’est rendu à pied dans un poste de police samedi soir. Les circonstances exactes de son évasion n’ont pas encore été entièrement établies. Les militaires colombiens estiment que la formation reçue au sein de la Légion étrangère française a pu jouer un rôle important dans sa survie.
Après son arrivée à Pasto, chef-lieu du département de Nariño, le militaire a été transporté dans un établissement médical. Son état de santé est jugé satisfaisant, tandis que le caporal reste sous protection en raison de la menace potentielle que pourraient représenter ses anciens ravisseurs.
Le militaire est désormais sous la protection des autorités
La Légion étrangère française, dont Melo Charry est membre, est une composante de l’armée française constituée de militaires de différentes nationalités. Selon le ministère français des Armées, le caporal n’avait pas la nationalité française, mais disposait d’un titre de séjour en France.
Son séjour en Colombie n’était pas couvert par l’autorisation correspondante.
La priorité des autorités colombiennes est désormais d’assurer la sécurité du militaire et d’établir toutes les circonstances de sa captivité, ainsi que celles de son évasion.
L’affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes en Colombie
L’incident s’est produit dans un contexte marqué par l’activité de nombreux groupes armés dans les régions du sud-ouest du pays. Les dissidences des anciennes FARC continuent de contrôler certaines zones et de se livrer à des affrontements pour le contrôle de territoires notamment liés au trafic de stupéfiants.
L’EMC n’a pas reconnu l’accord de paix de 2016, à la suite duquel la majeure partie des FARC a mis fin à ses activités armées. Le groupe lié à Iván Mordisco reste l’un des principaux acteurs du conflit armé dans le pays.
La libération de José Olger Melo Charry est devenue l’un des cas les plus médiatisés liés aux activités de ce groupe, puisqu’il s’agit d’un militaire de l’armée française qui était détenu en captivité hors de France.
