Le gouvernement français a décidé de maintenir les aides au carburant destinées à certains secteurs de l’économie jusqu’à la fin de 2026. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de prolonger ces dispositifs au moins jusqu’au 31 décembre, rapporte France info.
À Matignon, on explique que cette décision doit permettre aux entreprises de mieux planifier leur activité dans les prochains mois tout en limitant l’impact du coût élevé du carburant sur la production, l’emploi et l’activité économique.
Les pêcheurs retrouveront le niveau maximal de compensation
La principale évolution concerne le dispositif destiné à la flotte de pêche. Après la réduction des aides durant l’été, le montant de la compensation sera de nouveau relevé, passant de 25 à 35 centimes d’euro par litre de carburant.
Le gouvernement justifie cette hausse par la nécessité de permettre aux navires de continuer à prendre la mer malgré le niveau élevé de leurs coûts d’exploitation. Ce nouveau montant correspond au plafond d’aide autorisé par la Commission européenne.
C’est précisément dans le secteur de la pêche que la contestation s’est intensifiée ces dernières semaines. La profession réclame une compensation de la hausse de ses charges et certains groupes de pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers.
Un dispositif spécifique pour le secteur du bâtiment
Les entreprises du bâtiment répondant aux critères du programme bénéficieront d’une compensation de 20 centimes par litre de gazole non routier.
Un autre mécanisme sera appliqué au secteur agricole. Les agriculteurs percevront 15 centimes par litre, cette aide venant s’ajouter aux mesures déjà prévues dans le cadre du plan d’urgence destiné à soutenir l’agriculture.
Paris réagit à une nouvelle pression sur les prix
La décision du gouvernement intervient après une nouvelle hausse des prix des carburants, qui a déjà provoqué des appels à des mobilisations plus importantes en France. Par leur ampleur et certaines de leurs revendications, ces mouvements commencent à rappeler certains aspects des mobilisations associées au mouvement des « gilets jaunes ».
À Matignon, on souligne que la prolongation des aides doit éviter une nouvelle contraction de l’activité productive, alors que les entreprises subissent à la fois le poids des coûts énergétiques et les conséquences des perturbations climatiques.
Le gouvernement français maintient ainsi pour les secteurs les plus exposés au coût du carburant un véritable filet de sécurité financier jusqu’à la fin de l’année.
