En France, la hausse des prix du carburant s’accompagne d’une multiplication des attaques contre les stations-service

La hausse des prix du carburant en France provoque désormais des tensions non seulement chez les automobilistes, mais également directement dans les stations-service. Dans la région de Douai, dans le nord du pays, au moins quatre stations ont été vandalisées au cours de la nuit du 13 au 14 septembre.

Dans l’une d’elles, des inconnus ont brisé à coups de marteau les écrans et les terminaux de paiement, rapporte France info. D’autres installations ont également été endommagées. Sur l’une des pompes, le mot « voleur » a été inscrit, ce qui pourrait laisser penser que les actes de vandalisme sont liés au mécontentement suscité par le prix élevé du carburant.

La police et le parquet de Douai ont ouvert une enquête. Les enquêteurs examinent notamment les images des caméras de surveillance, mais aucune interpellation de suspect n’avait été annoncée au 19 septembre.

Les prix du carburant se rapprochent de nouveaux records

Ces actes de vandalisme interviennent alors que les prix des carburants connaissent une forte progression en France. Selon les données du gouvernement, le litre de SP98 atteignait en moyenne 2,21 euros, contre 2,13 euros pour le SP95-E10 et près de 2,34 euros pour le gazole.

Pour les exploitants de stations-service, cette situation crée un contexte inhabituel. Ils se retrouvent en première ligne face aux tensions entre les consommateurs et la hausse générale des coûts de l’énergie, alors qu’ils ne déterminent pas eux-mêmes le prix du pétrole sur les marchés.

Les exploitants renforcent la sécurité

Après les derniers incidents, certains responsables de stations ont demandé à leurs employés de faire preuve d’une vigilance accrue et de rester attentifs à toute situation susceptible de dégénérer.

Un exploitant en Vendée explique avoir fait appel à une société de sécurité après la hausse des prix. Un autre propriétaire de station à Lesou, où le mot « voleur » était déjà apparu sur des pompes en mars, consacre environ 10 000 euros par an à la sécurité.

Son établissement est équipé de caméras et d’un système d’alarme. Après le nouvel incident, des barrières supplémentaires ont été installées pour limiter l’accès au site. L’entrepreneur craint désormais que sa station puisse être de nouveau prise pour cible.

La crise du carburant nourrit les tensions sociales

Le secteur des carburants ne parle toutefois pas encore d’une vague généralisée de telles attaques. La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage indique ne pas avoir reçu de signalements faisant état d’incidents similaires à grande échelle.

Les exploitants constatent néanmoins une hausse de l’agressivité de certains clients. Les employés sont régulièrement confrontés à des reproches concernant les prix, alors qu’ils n’ont aucun contrôle sur leur formation.

Pour les professionnels, cette situation entraîne des dépenses supplémentaires en matière de sécurité au moment même où le coût élevé du carburant alimente déjà le mécontentement social.

Dans ce contexte, de nouveaux appels à une mobilisation des « gilets jaunes » le 17 octobre commencent parallèlement à circuler en France, donnant à la question des prix du carburant une dimension sociale et politique supplémentaire.

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