La France ne prévoit pas de pénurie de carburant, mais se prépare à une crise prolongée au Moyen-Orient

Le gouvernement français ne constate pour l’heure aucun problème généralisé d’approvisionnement en carburant. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré que les réserves stratégiques du pays étaient entièrement constituées et qu’il n’y avait donc pas de raison de s’inquiéter au cours des deux prochains mois.

Paris se prépare néanmoins à une dégradation de la situation si le conflit au Moyen-Orient se prolonge et continue de perturber les flux internationaux de pétrole, rapporte France 24.

Les réserves permettent pour l’instant d’absorber les perturbations

Selon Roland Lescure, les autorités disposent d’une visibilité relativement précise sur la situation pour les six à huit prochaines semaines. Au-delà, l’évolution dépendra notamment de la durée du conflit et des conditions de circulation sur les principales routes internationales d’approvisionnement.

Le ministre souligne que le marché pétrolier mondial puise déjà dans les stocks disponibles. Si cette tendance devait se poursuivre, des difficultés d’accès au carburant pourraient apparaître. Paris considère notamment comme un risque majeur une perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante des flux pétroliers mondiaux.

Des pénuries locales touchent déjà certaines stations-service

Des difficultés ponctuelles sont toutefois déjà observées en France. Lundi matin, 17 % des stations-service ne disposaient pas d’au moins un type de carburant, contre 16 % au cours du week-end.

Selon Roland Lescure, 91 % de ces stations appartiennent à TotalEnergies. Le ministre explique cette situation par la politique du groupe visant à limiter les prix pratiqués à la pompe.

Dans les stations TotalEnergies, le prix de l’essence est actuellement plafonné à 1,99 euro le litre, tandis que celui du diesel ne dépasse pas 2,25 euros. Dans le même temps, le prix moyen du diesel en France avait atteint 2,41 euros le litre la veille.

Le gouvernement prépare de nouvelles mesures pour les ménages et les entreprises

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions à Matignon le 21 septembre. La première portera sur l’approvisionnement du pays en pétrole et en gaz, tandis que la seconde sera consacrée aux mesures à court et moyen terme destinées à soutenir la population face à la flambée des prix du carburant.

Le gouvernement étudie également des dispositifs en faveur des secteurs les plus exposés à la hausse des coûts énergétiques. À partir du 1er octobre, les pêcheurs devraient notamment pouvoir bénéficier de prêts sans intérêts, dont les démarches peuvent déjà être engagées auprès de la banque publique d’investissement Bpifrance.

Les autorités doivent par ailleurs décider si elles prolongeront au-delà du 30 septembre le dispositif destiné aux conducteurs à fort kilométrage. Parmi les options envisagées figure le renouvellement automatique de l’aide pour les personnes qui en bénéficient déjà. La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a toutefois souligné que toute extension du dispositif devait rester ciblée et compatible avec les capacités budgétaires de l’État.

Pour l’heure, Paris n’évoque donc pas de crise généralisée du carburant en France. Le gouvernement prépare néanmoins son système d’approvisionnement et ses mécanismes de soutien afin de pouvoir faire face à un choc extérieur durable.

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