La France vote ce 27 septembre pour les élections sénatoriales, dernier scrutin d’ampleur avant l’ouverture de la campagne présidentielle de 2027. Au total, 178 des 348 sièges de la chambre haute sont renouvelés, avec un collège électoral de plus de 93 000 grands électeurs, principalement des élus municipaux.
Le scrutin concerne environ 60 départements, rapporte France 24. En métropole, les bureaux de vote ont ouvert à 8h30 et doivent fermer à 17h30. Les premiers résultats sont attendus dans l’après-midi, tandis que la répartition définitive des sièges devrait se préciser au cours de la soirée.
La droite conserve la majorité, mais le RN veut s’imposer
Le Sénat évolue traditionnellement plus lentement que l’Assemblée nationale, son équilibre dépendant largement des résultats des élections locales. La majorité actuelle, composée des Républicains et de leurs alliés centristes, ne paraît pas directement menacée par le scrutin.
L’un des principaux enjeux concerne toutefois la progression du Rassemblement national (RN). Le parti ne compte actuellement que trois sénateurs, mais espère renforcer nettement sa représentation grâce au soutien d’élus locaux.
L’objectif central du RN est d’obtenir au moins dix sièges, seuil nécessaire pour constituer son propre groupe parlementaire au Sénat. Une telle configuration donnerait pour la première fois au parti une représentation organisée de cette nature au sein de la chambre haute.
Le score du RN aura aussi une dimension présidentielle
Pour le Rassemblement national, ces élections ne se résument pas au nombre de sièges obtenus. Le parti entend profiter d’une implantation locale renforcée pour consolider sa position à l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril 2027.
Les regards se tournent notamment vers plusieurs départements du sud de la France, parmi lesquels le Var, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, où le RN espère obtenir le soutien d’élus locaux indépendants.
Les centristes cherchent eux aussi à progresser
Les formations centristes tentent parallèlement de gagner des sièges supplémentaires. Au sein de l’Union centriste, l’objectif affiché est d’augmenter le nombre de sénateurs dans un contexte où certaines positions de la droite pourraient être fragilisées.
Le mouvement Horizons d’Édouard Philippe dispose également de relais au Sénat et cherche à élargir son implantation. Des discussions ont précédé le scrutin afin de rallier des élus locaux issus de différents courants du centre et de la droite.
Les macronistes pourraient perdre une partie de leur influence
L’avenir du groupe macroniste RDPI constitue un autre enjeu du scrutin. Ses positions se sont affaiblies après la mort, cet été, de son président de groupe, François Patriat.
La gauche fait elle aussi face à des incertitudes. Les socialistes redoutent de perdre une partie de leur représentation après des élections municipales difficiles dans plusieurs villes moyennes. Les écologistes et La France insoumise présentent également des candidats, mais leurs résultats dépendront largement de la composition des différents collèges électoraux.
Autre point suivi de près : la réélection de Gérard Larcher, qui préside le Sénat depuis 15 ans. Son renouvellement à la tête de la chambre haute est prévu le 1er octobre.
Les élections sénatoriales de 2026 ne devraient donc pas bouleverser l’équilibre général de la chambre haute. Elles pourraient néanmoins redessiner les rapports de force entre la droite, les centristes, les macronistes et la gauche à l’approche de la présidentielle.
