La France prévoit de retrouver une capacité de frappe balistique depuis le sol, abandonnée après le retrait du système Hadès dans les années 1990. Développé par ArianeGroup, le futur système MBT devrait avoir une portée annoncée pouvant atteindre 2 000 kilomètres. Sa mise en service opérationnelle initiale n’est toutefois prévue qu’en 2031-2032.
La France devra encore patienter plusieurs années avant de disposer d’un nouveau système de missiles balistiques terrestres. Selon la loi de programmation militaire couvrant la période 2024-2030, le programme MBT doit atteindre sa capacité opérationnelle initiale en 2031-2032.
Le projet prévoit le développement d’un missile balistique d’une portée maximale de 2 000 kilomètres, rapporte Opex360. L’entreprise ArianeGroup en est le principal maître d’œuvre. Le commandement militaire français n’a cependant pas encore tranché la question de savoir quelle armée exploitera le futur système : l’armée de Terre ou l’armée de l’Air et de l’Espace.
Du système Hadès au nouveau programme balistique
Dans les années 1980, la France avait développé le système de missiles tactiques Hadès, principalement destiné à l’emport d’armes nucléaires tactiques. Son missile balistique à propergol solide disposait d’une portée pouvant atteindre 500 kilomètres.
Au total, seuls 30 missiles et 15 lanceurs ont été produits. Le système a été retiré du service dans les années 1990, dans un contexte de réduction de l’arsenal nucléaire français et de désarmement.
Depuis, la France ne dispose plus d’un système terrestre comparable. Le programme MBT vise à rétablir une partie de cette capacité, même si le nouveau dispositif aura une vocation différente de celle de son prédécesseur.
Le MBT sera doté d’une charge conventionnelle
Selon les plans actuellement connus, les futurs missiles MBT seront exclusivement équipés de charges conventionnelles et ne seront donc pas destinés à transporter des ogives nucléaires. Leur portée annoncée, pouvant atteindre 2 000 kilomètres, serait nettement supérieure à celle du Hadès.
Un visuel publié par ArianeGroup montre également un lanceur dont la configuration rappelle, dans une certaine mesure, celle de l’ancien système français. Les données disponibles ne permettent toutefois pas encore de connaître les caractéristiques techniques définitives du futur complexe.
Le programme MBT n’a été lancé qu’en octobre 2025. Environ six à sept ans devraient donc séparer le début du développement de la mise en service opérationnelle initiale prévue. Il s’agit d’un calendrier relativement serré pour concevoir un nouveau système balistique. À titre de comparaison, Defense Express cite le système russe Iskander, dont le développement aurait duré environ 18 ans.
La France pourra-t-elle respecter le calendrier annoncé ?
Pour tenir les délais, ArianeGroup devra accélérer les travaux et s’appuyer sur des solutions permettant de raccourcir le cycle de développement. À ce stade, rien ne permet toutefois d’affirmer que le calendrier prévu sera nécessairement respecté.
Le retour aux missiles balistiques terrestres permettrait à la France de retrouver une capacité abandonnée après le retrait du Hadès. Mais, jusqu’au début des années 2030, le pays restera dans la phase de développement de son nouveau système. Sa configuration définitive et sa place dans l’organisation des forces armées doivent encore être précisées.
