En 2024 et 2025, 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, 86 % des affaires de meurtres de journalistes restent non élucidées ou n’aboutissent pas à une décision de justice définitive, rapporte France 24.
Six responsables sur sept échappent à la justice
Selon le rapport biennal de l’UNESCO, publié le 2 novembre, le taux mondial d’impunité pour les meurtres de journalistes a atteint 86 %. Il s’agit de sa première augmentation depuis 2012. En 2024, cet indicateur s’élevait à 85 %, après avoir progressivement reculé depuis son pic de 95 %.
Ce taux prend en compte les affaires dans lesquelles les enquêtes n’ont pas abouti ou sont toujours en cours. Dans les faits, la justice ne parvient pas à sanctionner la majorité des responsables : environ six auteurs de meurtres sur sept échappent aux poursuites ou à une condamnation.
La situation est particulièrement préoccupante dans les zones de conflit. Maria Gabriel, sous-directrice générale de l’UNESCO pour la communication et l’information, a souligné que les enquêtes sur ces crimes et les poursuites contre les suspects restaient insuffisantes. L’organisation ne dispose pas de pouvoirs judiciaires, mais cherche à inciter les États à enquêter sur ces meurtres et à traduire leurs auteurs en justice.
Deux tiers des journalistes tués travaillaient dans des zones de conflit
Au cours de la période étudiée, 189 journalistes, autres professionnels des médias et créateurs de contenu exerçant une activité journalistique ont perdu la vie. Parmi eux figuraient 14 femmes. L’UNESCO considère que les années 2024-2025 constituent la période de deux ans la plus meurtrière pour la profession depuis une décennie.
Environ 67 % des victimes travaillaient dans des zones de conflits armés, notamment dans les territoires palestiniens, au Yémen et en Ukraine. Selon Maria Gabriel, ces chiffres témoignent d’une dégradation importante de la situation mondiale en matière de sécurité des journalistes.
Le rapport souligne également le recours croissant aux drones : les attaques menées à l’aide de ces appareils ont représenté 26 % des meurtres de journalistes en 2024 et 2025. Des professionnels des médias continuent par ailleurs d’être tués à leur domicile ou malgré le port de vêtements clairement identifiés comme appartenant à la presse.
Les territoires palestiniens ont enregistré le plus grand nombre de journalistes tués en 2025, avec au moins 32 victimes recensées par l’UNESCO.
1 641 journalistes tués en vingt ans
Depuis le début de son suivi systématique en 2006, l’UNESCO a recensé 1 641 meurtres de journalistes dans le monde. Cela représente en moyenne un décès tous les quatre jours.
L’organisation précise toutefois que ses chiffres peuvent différer de ceux du Comité pour la protection des journalistes et de Reporters sans frontières. Ces écarts s’expliquent notamment par la difficulté à établir les circonstances exactes de la mort des professionnels des médias, en particulier lorsque les combats sont toujours en cours.
