Jeudi 5 novembre, les salariés du secteur privé et public, les retraités et les étudiants sont appelés à se mobiliser dans toute la France. Les syndicats réclament des augmentations de salaires face à l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat. Les organisateurs ont déjà annoncé 244 rassemblements, mais des désaccords avec les autorités sur les itinéraires des cortèges persistent dans plusieurs villes, rapporte France24.
La mobilisation a été annoncée dès le début du mois d’octobre. Selon la carte publiée par la CGT, près de 250 rassemblements sont prévus dans le pays. Les principales organisations syndicales participeront au mouvement, y compris celles qui s’étaient montrées initialement plus réservées à l’égard d’une mobilisation nationale.
Les salariés ne seront pas les seuls à descendre dans la rue : des lycéens et des étudiants devraient également se joindre aux manifestations. Les jeunes poursuivent leur contestation de la politique gouvernementale. Mardi, des blocages et des rassemblements ont déjà eu lieu dans plusieurs établissements scolaires.
À Paris, les syndicats contestent le parcours proposé par la préfecture
La possibilité d’organiser des cortèges dans les centres-villes reste l’un des principaux points de friction dans les préparatifs. Après les violences et les pillages survenus lors des manifestations du 17 octobre, les autorités ont restreint les itinéraires autorisés dans plusieurs communes.
À Paris, les syndicats souhaitent organiser une marche entre la place de la Bastille et la place de la Concorde. La préfecture de police n’a toutefois pas encore donné son accord définitif. Le différend a été porté devant la justice, avec une audience prévue mercredi 4 novembre.
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a indiqué que les discussions avec les autorités se poursuivaient, mais que le retard dans la validation du parcours compliquait la préparation du dispositif de sécurité. De son côté, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé l’absence de véritable dialogue avec la préfecture de police de Paris. Selon elle, les organisateurs se voient de fait refuser la possibilité de manifester dans le centre de la capitale.
D’après Sophie Binet, des restrictions sur les itinéraires ont été instaurées dans 20 départements. Le ministère français de l’Éducation nationale s’attend, pour sa part, à ce qu’environ 17 % des enseignants du premier degré participent à la grève.
Les « gilets jaunes » rejoignent la mobilisation
La journée de jeudi s’inscrit dans le prolongement de plusieurs semaines de contestation contre la hausse du coût de la vie en France. Au cours des trois derniers samedis, des manifestations ont été organisées avec la participation de sympathisants du mouvement des « gilets jaunes », mais seules quelques organisations syndicales les avaient alors soutenues.
Cette fois, l’ensemble des principales centrales syndicales prendra part à la mobilisation. La coordination des « gilets jaunes », qui a joué un rôle important dans l’organisation des manifestations depuis le 17 octobre, a également confirmé sa participation.
Le mouvement entend poursuivre les actions après jeudi. Une nouvelle manifestation est annoncée pour le samedi 7 novembre, place de la Concorde à Paris. Benjamin Ball, membre de la coordination, a déclaré que les participants comptaient se rassembler même si l’événement était interdit et appeler à la désobéissance civile.
Les syndicats réclament une hausse du salaire minimum
La principale revendication des manifestants porte sur l’augmentation des revenus. Les syndicats estiment qu’une revalorisation des rémunérations est nécessaire face à une inflation qui atteint, selon les données citées dans l’article, 3,4 %.
La CGT demande une hausse de 10 % du salaire minimum. La CFDT propose, de son côté, une augmentation d’au moins 100 euros nets. Les syndicats dénoncent également le gel du point d’indice des fonctionnaires et le maintien des aides publiques aux entreprises de secteurs où les rémunérations restent inférieures au salaire minimum.
Le gouvernement se dit prêt à discuter de concessions éventuelles. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que l’exécutif comptait présenter, autour du 5 novembre, des mesures destinées à relancer la dynamique salariale. Elles porteraient notamment sur le salaire minimum ainsi que sur les négociations au niveau des branches professionnelles et des entreprises.
À la veille de la mobilisation, le gouvernement a également mis en avant la baisse des prix du diesel après le recours aux réserves stratégiques. Ces mesures n’ont toutefois pas suffi à apaiser le mécontentement lié à la dégradation du pouvoir d’achat.
L’ampleur de la grève pourrait néanmoins être inférieure au niveau de mécontentement dans la société, estime l’AFP. Certaines organisations syndicales, notamment Solidaires, appellent à ne pas limiter la mobilisation à une seule journée et à maintenir la pression après le 5 novembre.
