À Paris, une sacoche issue de “biomatériau T-Rex” mise aux enchères

À Paris, une pièce hors norme est proposée aux enchères à l’Hôtel Drouot : un sac de créateur fabriqué à partir d’un biomatériau expérimental inspiré de recherches sur le collagène du Tyrannosaurus rex. L’objet est estimé entre 300 000 et 500 000 euros, un niveau habituellement réservé aux œuvres d’art contemporaines les plus prisées, rapporte Le Parisien.

Du fossile à la biotechnologie de pointe

Selon la présentation du projet, le point de départ repose sur des fragments de collagène identifiés dans des échantillons paléontologiques. Des modèles assistés par intelligence artificielle auraient ensuite permis de reconstituer des séquences protéiques incomplètes afin de simuler une structure moléculaire exploitable.

À partir de cette base numérique, un code de type ADN aurait été généré et utilisé en laboratoire pour produire un matériau biomimétique, conçu pour reproduire certaines propriétés de la peau, sans recourir à des matières animales.

Un objet de mode signé par un laboratoire créatif

Le sac a été conçu par la maison expérimentale Enfin Levée, connue pour ses créations à la frontière entre biotechnologies et design. L’objet est présenté comme un “matériau qui détermine sa propre forme”, où les propriétés physiques de la matière influencent directement la conception finale.

Déjà exposée à Amsterdam, la pièce a attiré l’attention de collectionneurs d’art contemporain et d’acteurs du secteur du luxe intéressés par les matériaux de nouvelle génération.

Vers une nouvelle génération de matériaux programmables

Ce projet s’inscrit dans une tendance plus large du secteur de la mode : le développement de matériaux de laboratoire, capables de remplacer le cuir traditionnel. L’objectif est de concevoir des textiles “programmables”, ajustés en termes de résistance, d’élasticité et d’impact environnemental.

Pour l’industrie, ces innovations pourraient accélérer la transition vers des productions sans élevage animal et à empreinte carbone réduite.

Drouot, laboratoire du “luxe scientifique”

Ces dernières années, la maison de ventes Drouot accueille de plus en plus d’objets situés à la frontière entre science, technologie et art. Après des ventes de fossiles et de pièces paléontologiques à forte valeur, ce type de lot contribue à l’émergence d’un nouveau segment du marché de collection : le luxe scientifique expérimental.

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