Des députés allemands et français ont présenté une initiative commune visant à renforcer le contrôle de la « flotte fantôme » russe, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions internationales et exporter ses ressources énergétiques.
Le document correspondant doit être examiné lors d’une session de l’Assemblée parlementaire franco-allemande. Ses auteurs demandent un suivi plus rigoureux des navires suspects, ainsi que la possibilité de les intercepter en cas de violation du droit international.
Un problème qui dépasse le cadre des sanctions
À Berlin comme à Paris, les responsables politiques soulignent que l’activité de cette flotte de pétroliers vieillissants ne représente pas uniquement un défi économique.
Selon les parlementaires européens, plusieurs de ces navires sont dans un état technique préoccupant, ce qui engendre de graves risques environnementaux pour les mers européennes. En outre, certains bâtiments pourraient être utilisés à des fins de renseignement, de sabotage ou de collecte d’informations sur les infrastructures critiques des États européens.
Le Kremlin continue de financer la guerre via des routes maritimes alternatives
Les initiateurs de la proposition rappellent que la « flotte fantôme » permet à la Russie de conserver une part importante de ses revenus issus des exportations de pétrole, malgré les restrictions internationales.
Les responsables européens estiment que ces fonds contribuent directement au financement de la machine de guerre russe et permettent à Moscou de poursuivre son offensive contre l’Ukraine. La lutte contre ces schémas de transport maritime est donc considérée comme un levier clé de pression économique.
La France et l’Allemagne réclament une réponse européenne coordonnée
Les auteurs du texte appellent également à renforcer la pression diplomatique sur les États sous pavillon desquels naviguent des navires impliqués dans ces circuits de contournement.
À Paris et Berlin, on estime que la lutte contre la « flotte fantôme » doit devenir une priorité européenne, car elle touche à la fois à la politique de sanctions, à la sécurité des routes maritimes, à la protection des infrastructures critiques et à la stabilité environnementale de la région.
L’Europe passe de la surveillance à l’action
Ces derniers mois, les pétroliers russes ont été de plus en plus surveillés par les services européens de sécurité. Dans ce contexte, l’initiative franco-allemande illustre la volonté des principales puissances de l’UE de passer de déclarations politiques à des mécanismes concrets de lutte contre les stratégies de contournement des sanctions.
À Bruxelles, l’idée selon laquelle la « flotte fantôme » constitue l’un des principaux outils de survie économique du Kremlin gagne du terrain, ce qui pourrait renforcer la pression sur la Russie sans escalade militaire directe.
