La « flotte fantôme » russe serait devenue un outil d’espionnage contre l’OTAN : l’Europe ne peut plus sous-estimer la menace maritime

La Russie aurait transformé sa « flotte fantôme » non seulement en un moyen de contourner les sanctions sur le pétrole, mais aussi en un outil de renseignement militaire visant les pays de l’OTAN.

C’est la conclusion à laquelle parvient l’Institut international d’études stratégiques (IISS), après avoir analysé 144 incidents suspects recensés dans plus d’une dizaine de pays. Selon les chercheurs, pendant 18 mois, les services de renseignement russes auraient utilisé des drones lancés depuis des navires de la flotte fantôme afin d’observer des infrastructures militaires et nucléaires sensibles au Royaume-Uni, en France, en Belgique et aux Pays-Bas.

Des bases nucléaires et militaires figureraient parmi les cibles

Parmi les sites qui auraient été placés sous surveillance figurent notamment la base aérienne britannique de Lakenheath, où sont stockées des armes nucléaires américaines, ainsi que la base française de sous-marins nucléaires de l’Île Longue, pilier de la dissuasion nucléaire française.

Des drones auraient également été signalés à proximité d’autres bases aériennes militaires et installations stratégiques de l’OTAN.

Selon l’IISS, ces éléments suggèrent que Moscou utiliserait certains navires civils non seulement pour contourner les sanctions, mais également pour collecter des renseignements sur les capacités de défense de l’Alliance.

Aucun drone n’aurait été intercepté

Les analystes soulignent qu’aucun des drones suspects n’aurait été abattu ni capturé.

Selon eux, cette situation mettrait en évidence une vulnérabilité des dispositifs de défense aérienne de l’OTAN, notamment face aux petits drones susceptibles d’être lancés directement depuis des navires civils.

Toujours selon l’étude, la Russie aurait ainsi démontré sa capacité à mener des opérations de renseignement à proximité d’infrastructures militaires majeures sans rencontrer de réponse immédiate.

La « flotte fantôme » s’inscrirait de plus en plus dans la guerre hybride

Jusqu’à présent, la « flotte fantôme » russe était principalement considérée comme un instrument destiné à exporter du pétrole en contournant les sanctions internationales.

Les nouvelles conclusions de l’IISS suggèrent toutefois que certains de ces navires pourraient également être intégrés à des opérations hybrides, en servant de plateformes de lancement de drones ou de relais de communications.

Évoluant parfois avec leurs systèmes d’identification désactivés, ces navires seraient en mesure d’opérer discrètement à proximité des côtes européennes, compliquant leur détection et leur surveillance.

L’Europe appelée à renforcer sa sécurité maritime

Pour les auteurs du rapport, la « flotte fantôme » ne devrait plus être perçue uniquement comme un instrument économique permettant de contourner les sanctions.

Ils estiment qu’elle pourrait également constituer un élément de la stratégie hybride de la Russie, combinant logistique, collecte de renseignements et, potentiellement, capacités de déstabilisation.

L’IISS recommande ainsi aux États membres de l’Union européenne et de l’OTAN de renforcer la surveillance des navires suspects, de développer des systèmes communs de suivi maritime et d’améliorer les capacités de détection et de réaction face aux menaces liées aux drones opérant depuis la mer.

Selon les analystes, l’évolution récente de ces activités montre que certains navires de la « flotte fantôme » pourraient représenter non seulement un moyen de contourner les sanctions, mais aussi une plateforme potentielle pour des opérations de renseignement visant la sécurité européenne.

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