L’UE reconnaît officiellement la Russie comme un État à haut risque de financement du terrorisme

L’Union européenne a officiellement inscrit la Russie sur la liste des pays présentant un risque élevé de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. La décision correspondante de la Commission européenne a été publiée au Journal officiel de l’UE.

Comme l’a déclaré la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, lors d’une conférence de presse, cette mesure compliquera considérablement toute opération financière avec les banques russes.

« L’UE a aujourd’hui inscrit la Russie sur la “liste noire” en raison des risques liés au blanchiment d’argent. Cela ralentira les opérations et en augmentera significativement le coût pour tous ceux qui traitent avec les banques russes », a souligné Kallas.

Le financement du terrorisme comme pratique systémique

L’inscription de la Russie sur la liste des pays à haut risque implique un contrôle renforcé de la part de toutes les banques de l’Union européenne sur toute transaction ayant un lien avec la Russie. Il ne s’agit pas uniquement de lutte contre les crimes financiers, mais d’une reconnaissance du fait que le système financier russe est utilisé pour soutenir des activités terroristes.

L’UE a ainsi acté que les structures étatiques et para-étatiques de la Fédération de Russie créent et entretiennent des flux financiers susceptibles d’être utilisés pour financer la violence, des opérations hybrides et des pratiques terroristes — tant en Ukraine qu’au-delà de ses frontières.

Contexte des sanctions et rupture avec le FATF

L’intention de l’UE d’inscrire la Russie sur la liste des pays à haut risque de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme était connue dès le début du mois de décembre. Selon le média Politico, bien que le Groupe d’action financière (GAFI / FATF) ait suspendu l’adhésion de la Russie après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’organisation ne l’a pas inscrite sur sa liste noire en raison de l’opposition des pays du groupe des BRICS.

Auparavant, l’UE coordonnait ses actions avec le GAFI, mais depuis 2025, le bloc européen s’est doté de son propre mécanisme indépendant — l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux (AMLA). Cela a permis à Bruxelles d’agir de manière autonome et de donner une évaluation politico-juridique du rôle de la Russie en tant que source de menaces pour la sécurité financière internationale.

Un signal politique adressé à Moscou

La décision de l’UE ne constitue pas une simple mesure technique. Elle envoie un signal politique clair : la Russie n’est pas seulement perçue comme un État agresseur et un violateur du droit international, mais aussi comme un pays dont le système financier est étroitement lié au financement du terrorisme.

De fait, l’Union européenne a entériné au niveau institutionnel ce que l’Ukraine et ses partenaires affirment depuis longtemps : le terrorisme est devenu un instrument de la politique d’État de la Fédération de Russie, et l’argent en est la ressource clé.

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