Macron a présenté au Parlement français un plan de déploiement éventuel de troupes en Ukraine après la paix

Deux jours après le sommet de la dite « coalition des volontaires », tenu le 6 janvier à Paris, le président français Emmanuel Macron a organisé une réunion à huis clos avec des représentants de l’ensemble des forces politiques siégeant au Parlement.

L’objectif de cette rencontre était de présenter un projet de contribution française aux garanties de sécurité pour l’Ukraine en cas de conclusion d’un accord de paix, rapporte Le Monde.

Environ une trentaine de participants ont pris part aux discussions, parmi lesquels le Premier ministre, la ministre des Armées, le chef d’état-major des armées, les présidents des deux chambres du Parlement, les chefs de groupes et de partis politiques, ainsi que les présidents des commissions compétentes en matière de défense et de politique étrangère.

Des milliers de soldats, mais pas au front

Selon les informations présentées lors de la réunion, la France pourrait déployer jusqu’à 6 000 militaires en Ukraine. Il a été clairement souligné que ces forces ne participeraient pas aux combats et ne seraient pas stationnées sur la ligne de front.

Le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, a précisé qu’il s’agirait d’un contingent de soutien, chargé notamment de l’accompagnement et de la formation de l’armée ukrainienne, ainsi que du renforcement de ses capacités de défense. Emmanuel Macron a, pour sa part, insisté sur le fait que les militaires étrangers opéreraient « loin de la ligne de front ».

Débat sur le rôle des États-Unis et les garanties internationales

Le président français a également souligné que, selon lui, les États-Unis soutiennent l’idée de garanties de sécurité européennes pour l’Ukraine. Toutefois, la fiabilité des engagements américains est devenue l’un des principaux sujets de débat.

Plusieurs députés ont exprimé ouvertement leurs doutes quant à la solidité de ces garanties, en particulier à la lumière des positions de Donald Trump. Des représentants de l’opposition ont estimé qu’il était risqué de s’appuyer sur des promesses américaines dans le contexte actuel.

L’opposition réclame un mandat de l’ONU

Malgré l’absence d’opposition de principe au mécanisme proposé par Emmanuel Macron, plusieurs forces politiques ont fait part de leurs réserves. La France insoumise, les communistes et le Rassemblement national estiment que tout déploiement de troupes françaises doit impérativement se faire sous mandat de l’ONU.

La présidente du groupe de La France insoumise, Mathilde Panot, a déclaré que sa formation politique refuserait l’envoi de soldats sans base juridique internationale claire. Une position similaire a été exprimée par les communistes et par la droite.

Des débats parlementaires imminents

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a reconnu la nécessité d’une implication accrue du Parlement dans la prise de décision sur ce dossier. Selon lui, des débats spécifiques à l’Assemblée nationale devraient avoir lieu dans un délai de deux à trois semaines, conformément à l’article 50-1 de la Constitution française, avec ou sans vote.

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