Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les évaluations pessimistes concernant l’avenir de l’Ukraine sont infondées et que des concessions à la Russie ne peuvent constituer la base d’un règlement pacifique. S’exprimant lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, il a souligné que la réponse à l’agression devait être un renforcement de la pression, et non l’acceptation des conditions du Kremlin.
Une Russie affaiblie par la guerre
Selon Emmanuel Macron, quatre années de guerre à grande échelle ont considérablement affaibli la Russie, tant sur le plan économique que démographique. Il a affirmé que le pays est entré en récession, a perdu des centaines de milliers de jeunes citoyens et se trouve dans une dépendance croissante vis-à-vis de la Chine.
Le président français a également relevé un paradoxe stratégique : loin d’empêcher l’élargissement de l’OTAN, la Russie a vu l’adhésion de nouveaux membres, notamment la Finlande et la Suède.
Une paix sans concessions territoriales
Emmanuel Macron s’est dit favorable à une solution diplomatique, tout en précisant qu’elle ne saurait reposer sur des concessions territoriales ou politiques de la part de l’Ukraine. Selon lui, un accord de paix doit garantir la sécurité à long terme de l’Europe et empêcher toute nouvelle tentative d’agression.
Cette déclaration intervient dans un contexte de contacts trilatéraux impliquant l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, au cours desquels des compromis sur les territoires occupés et la centrale nucléaire de Zaporijjia auraient été évoqués. Kyiv rejette de telles approches.
L’Europe comme acteur central
Le président français a appelé les États européens à assumer un rôle moteur dans le soutien à l’Ukraine. À ses yeux, l’Europe doit devenir le principal garant de la sécurité sur le continent.
Parallèlement, le président américain Donald Trump a plaidé pour une accélération du processus de négociation, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a insisté sur le fait qu’une fin durable de la guerre ne serait possible qu’à condition d’exercer une pression réelle sur la Russie.
Dimension stratégique
La position d’Emmanuel Macron reflète l’idée que des concessions faites à un agresseur comportent un risque de déstabilisation durable. Dans cette perspective, les appels à « reconnaître la défaite de l’Ukraine » constitueraient, selon lui, une erreur stratégique susceptible d’affaiblir la sécurité européenne et les principes fondamentaux du droit international.
