L’industrie cinématographique française fait face à un nouveau défi après le rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery, évalué à environ 110 milliards de dollars. Le groupe Skydance réunit notamment Warner Bros., Paramount Pictures, HBO, Paramount+ et CNN, rapporte France 24.
Malgré son poids financier et ses capacités de production, le nouvel ensemble pourrait subir la pression d’une dette estimée à 80 milliards de dollars. Les professionnels français craignent que la recherche de rentabilité favorise les grandes franchises internationales au détriment des productions indépendantes et locales.
Les règles françaises mises à l’épreuve
Pour soutenir la création nationale, la France impose aux plateformes de streaming des obligations d’investissement. Depuis 2021, les services concernés doivent consacrer 20 à 25 % de leurs revenus locaux aux contenus européens et francophones. Le respect de ces règles est contrôlé par le régulateur Arcom.
Ces obligations font toutefois l’objet de contestations juridiques. Netflix, Prime Video et Disney+ ont notamment contesté la règle imposant d’affecter 20 % des investissements concernés à l’animation, aux documentaires et aux spectacles vivants.
La Commission européenne a approuvé l’opération Skydance sous certaines conditions, notamment dans le domaine de la distribution. Les producteurs français restent néanmoins préoccupés par la concentration croissante des actifs médiatiques entre les mains de grands groupes internationaux.
Canal+ pourrait renforcer sa position
Dans ce contexte, Canal+ négocie l’acquisition d’une participation minoritaire dans UGC, une opération qui pourrait ouvrir la voie à une prise de contrôle complète à partir de 2028.
Le groupe a également annoncé son intention d’investir 980 millions d’euros dans le cinéma français et européen sur cinq ans, à compter de 2028.
Pour Paris, l’enjeu dépasse la concurrence entre groupes médiatiques. Il s’agit de préserver un modèle qui soutient les auteurs locaux, les producteurs indépendants et la langue française. L’avenir de ce système dépendra de l’efficacité des règles nationales et européennes ainsi que de la capacité des entreprises françaises à maintenir leurs investissements dans la création.
