Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a présenté un vaste plan visant à réduire la dépendance aux importations d’énergie et à renforcer la souveraineté énergétique du pays.
Lors de son intervention, il a souligné que l’abandon du pétrole et du gaz constitue non seulement un choix économique, mais aussi une décision géopolitique. Selon lui, l’énergie devient un pilier central de la stratégie nationale, au même titre que la défense et l’industrie.
Augmentation du financement du programme
Le gouvernement prévoit de presque doubler les financements consacrés à la politique d’électrification, pour atteindre 10 milliards d’euros par an d’ici 2030. Les autorités précisent qu’il ne s’agit pas de nouvelles dépenses, mais d’un redéploiement des ressources et d’une amélioration de l’efficacité de leur utilisation.
Abandon progressif du gaz dans le logement
Parmi les mesures clés figure l’interdiction d’installer des chaudières à gaz dans les constructions neuves à partir de la fin de l’année 2026. En parallèle, l’État encouragera la transition des ménages vers des pompes à chaleur et d’autres sources d’énergie alternatives.
Une attention particulière sera accordée au logement social, avec pour objectif de réduire totalement la dépendance au gaz dans environ 2 millions de logements d’ici 2050.
Montée en puissance des technologies thermiques
La France prévoit d’atteindre un rythme d’installation de 1 million de pompes à chaleur par an d’ici la fin de la décennie. Selon les estimations du gouvernement, cela permettrait de remplacer environ 85 térawattheures de gaz, soit près de 20 % des importations actuelles.
Accent sur la mobilité électrique
Un autre volet majeur de la réforme concerne les transports. Le gouvernement relance un programme de leasing subventionné pour les véhicules électriques, destiné à mettre sur les routes des dizaines de milliers de nouveaux véhicules.
Des aides spécifiques sont également prévues pour les conducteurs parcourant de longues distances, ainsi qu’une augmentation progressive de la production de véhicules électriques — jusqu’à 400 000 unités par an à partir de 2027, puis 1 million en 2030.
Une composante d’une stratégie de souveraineté élargie
À Paris, les autorités soulignent que l’électrification ne relève pas uniquement d’une politique environnementale, mais constitue aussi un levier d’indépendance économique et politique. La réduction des importations d’énergie doit renforcer la résilience du pays face aux chocs extérieurs et garantir un meilleur contrôle des ressources stratégiques.
