La France connaît une journée de forte mobilisation. Mardi 15 septembre, des salariés du secteur de l’énergie, des policiers, des pêcheurs, des étudiants, des enseignants et des associations écologistes sont descendus dans la rue. Les revendications diffèrent selon les secteurs, mais une grande partie des mouvements porte sur les revenus, le financement public et l’augmentation du coût de la vie, rapporte France info.
La mobilisation la plus importante concerne le secteur de l’énergie. À la mi-journée, environ 59 % des salariés d’EDF SA, hors filiales, avaient participé à la grève. Le syndicat CFE-CGC a qualifié ce niveau de mobilisation d’historique.
Le mouvement fait suite au projet du gouvernement de modifier la fiscalité applicable au tarif préférentiel de l’électricité accordé aux salariés du secteur. La ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, a assuré que le tarif lui-même ne serait pas remis en cause et que les discussions portaient uniquement sur la fiscalité. Elle doit rencontrer les organisations syndicales dans la journée.
Les pêcheurs réclament des mesures face à la hausse du prix du carburant
Un autre conflit s’est développé dans le sud de la France. Dans la matinée, des pêcheurs ont bloqué un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, pour protester contre la hausse du prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail.
Le blocage a été levé vers 10 heures après l’arrivée des forces de l’ordre. Les manifestants ont toutefois obtenu une rencontre avec la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, prévue jeudi.
La question du prix du carburant dépasse désormais largement le cadre des revendications professionnelles. À La Rochelle, une autre mobilisation a été organisée face à la flambée des prix : le litre de gazole coûte en moyenne 2,35 euros, contre 2,14 euros pour l’essence SP95-E10.
Les policiers manifestent à leur tour à Paris
La capitale est également devenue l’un des principaux foyers de mobilisation. Les policiers réclament des hausses de salaires et des moyens supplémentaires. Selon différentes estimations, entre 4 000 et 5 000 membres des forces de l’ordre ont participé à la manifestation entre les Champs-Élysées et l’Assemblée nationale, tandis que le syndicat Alliance a revendiqué plus de 10 000 participants.
Parallèlement, des salariés et des étudiants de l’enseignement supérieur se mobilisent. À Paris, environ 600 étudiants et enseignants ont protesté contre le sous-financement chronique des universités, une éventuelle hausse des frais de scolarité et une réduction des aides sociales.
Les organisations écologistes et sociales rejoignent la mobilisation
Une nouvelle manifestation est prévue dans la soirée à Paris, avec la participation de sapeurs-pompiers, de professionnels de santé, de syndicats étudiants, d’organisations écologistes et de défense des animaux ainsi que de collectifs féministes.
Les participants demandent davantage de moyens publics pour lutter contre le changement climatique et réclament l’inscription de mesures en ce sens dans le budget de la France pour 2027.
La mobilisation de septembre rassemble ainsi des catégories professionnelles et des organisations très diverses, réunies autour de préoccupations communes liées à la hausse des dépenses, au manque de moyens et au financement des services publics.
