La RATP sous une nouvelle pression : une association anticorruption demande une enquête sur l’emploi de responsables politiques élus

Un nouveau scandale potentiel de corruption éclate autour de la RATP, l’opérateur des transports publics parisiens. L’organisation anticorruption AC!! Anti-Corruption a saisi le Parquet national financier français au sujet de l’existence présumée d’un système de postes qui aurait pu servir à employer des élus locaux.

L’association affirme qu’il ne s’agirait pas de cas isolés, mais d’une pratique susceptible d’avoir existé au sein de l’entreprise pendant une longue période, rapporte Le Parisien.

La justice appelée à vérifier l’existence d’un possible système de favoritisme politique

La nouvelle plainte évoque des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme et de falsification de documents. Selon ses auteurs, certains responsables politiques auraient pu bénéficier de postes rémunérés à la RATP sans exercer réellement les fonctions correspondant au niveau de rémunération perçu.

AC!! s’appuie notamment sur des enquêtes journalistiques faisant état d’environ 200 salariés de la RATP qui auraient également exercé des mandats électifs.

L’association demande au parquet de déterminer si un système organisé d’arrangements en matière de recrutement aurait pu fonctionner au sein de l’entreprise, permettant à certains élus de cumuler leur activité politique avec un emploi formel.

Le maire de Saint-Denis également cité dans le dossier

Le scandale concerne déjà le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, contre lequel AC!! avait précédemment déposé une plainte.

L’élu rejette les accusations et estime que la campagne médiatique dont il fait l’objet vise à porter atteinte à sa réputation. Il rappelle que la législation française autorise le cumul d’un mandat électif avec une activité professionnelle, sous réserve du respect des règles applicables.

Bally Bagayoko affirme également que l’exercice d’un mandat électif n’implique pas automatiquement la fin d’une relation de travail.

La RATP nie catégoriquement l’existence de « postes fictifs »

La direction de l’opérateur de transport rejette les accusations formulées à son encontre. La RATP souligne que les recrutements sont effectués conformément au droit français et que le cumul d’un mandat local avec une activité professionnelle ne constitue pas, en soi, une infraction.

L’entreprise précise également que les congés accordés aux élus pour exercer leurs fonctions politiques ne sont pas rémunérés par la RATP.

Concernant Bally Bagayoko, l’opérateur indique par ailleurs qu’il travaille au sein de l’entreprise depuis 2001 et qu’il a suivi les procédures de recrutement prévues.

Paris réclame une transparence maximale

L’affaire dépasse désormais le simple différend entre des militants anticorruption et certains responsables politiques. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, a demandé à la RATP de garantir une transparence totale sur ses pratiques actuelles et passées en matière de recrutement.

La question centrale n’est donc plus seulement de savoir si certains salariés ont été recrutés légalement, mais également de déterminer si le système d’emploi de la RATP a pu être utilisé comme un instrument d’influence politique.

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