Accident ferroviaire en Espagne : le bilan s’élève à 69 morts, les enquêteurs examinent les décisions des régulateurs

La collision entre deux trains à grande vitesse près de Tolède, en Espagne, a fait au moins 69 morts et 108 blessés. Les enquêteurs tentent de reconstituer les événements qui ont précédé la catastrophe et vérifient notamment si celle-ci est liée à une défaillance du système de sécurité ferroviaire et à la décision du centre de régulation de rétablir la circulation des trains.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a décrété trois jours de deuil national, du jeudi au samedi. La tragédie figure parmi les accidents ferroviaires les plus meurtriers de l’histoire du pays, rapporte France info.

Selon les premières informations, l’accident s’est produit sur la ligne à grande vitesse entre Los Yébenes et Urda. Les trains impliqués appartenaient aux compagnies Renfe et Iryo. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a déclaré que les circonstances dans lesquelles l’un des trains avait été autorisé à repartir après un arrêt devaient faire l’objet d’investigations spécifiques.

Défaillance du système de sécurité et décisions des régulateurs

D’après les informations communiquées par le ministre, des problèmes ont affecté le système de contrôle du trafic ferroviaire LZB avant l’accident. Ce dispositif sert notamment à surveiller la vitesse des trains et à garantir des distances de sécurité entre les convois.

À la suite de cette défaillance, six trains, dont les deux convois impliqués par la suite dans la collision, se sont arrêtés. Après le passage à une gestion manuelle du trafic, le centre de régulation a autorisé les six trains à reprendre leur circulation.

La suite des événements a toutefois divergé : le train de Renfe a poursuivi sa route sur environ 25 kilomètres avant de percuter l’arrière du train d’Iryo, qui était toujours immobilisé sur les voies.

L’enquête devra déterminer pourquoi l’un des trains a redémarré tandis que l’autre est resté à l’arrêt. Les investigations portent également sur les raisons pour lesquelles le centre de régulation a autorisé la reprise du trafic alors que le problème affectant le système de sécurité ferroviaire n’avait pas encore été entièrement élucidé.

Óscar Puente a qualifié d’incompréhensible la décision de rétablir la circulation dans de telles circonstances. Il a toutefois souligné que les causes exactes de la catastrophe ne pourraient être établies qu’à l’issue de l’enquête.

Le trafic ferroviaire restreint

Après l’accident, la compagnie publique Renfe a suspendu jusqu’en décembre la vente de billets pour les trains à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie. Elle n’exclut toutefois pas de reprendre les ventes plus tôt si la ligne peut être remise en service dès le mois de novembre.

Ces restrictions affectent l’un des principaux axes ferroviaires du pays. La reprise du transport de voyageurs sur cette liaison dépendra des résultats des inspections et de la remise en état des infrastructures.

L’Espagne confrontée à une nouvelle tragédie ferroviaire

La catastrophe survient moins d’un an après un autre accident ferroviaire majeur en Espagne. En janvier, une collision à Adamuz, en Andalousie, avait fait 46 morts.

Pedro Sánchez a déclaré que le pays ne devrait pas avoir à faire face à deux accidents aussi graves sur son réseau à grande vitesse en l’espace d’une seule année. Cette nouvelle collision a relancé les interrogations sur la sécurité ferroviaire et sur les procédures encadrant la reprise du trafic après une défaillance technique.

La priorité de l’enquête est désormais de déterminer comment la défaillance du système, les décisions des régulateurs et le déplacement du train de Renfe ont conduit à la collision. Dans l’attente des conclusions officielles, la responsabilité d’éventuelles personnes impliquées n’est pas établie.

Défiler vers le haut