En France, une enquête est ouverte après une attaque visant un fabricant de drones pour l’Ukraine : les services de renseignement n’excluent pas une piste russe

Les autorités françaises et les services de contre-espionnage enquêtent sur une possible tentative de sabotage contre Delair, une entreprise spécialisée dans la fabrication de drones utilisés par l’armée ukrainienne. Début juin, deux incidents distincts se sont produits à proximité de son site de production près de Toulouse, suscitant des soupçons quant à un éventuel lien entre les deux affaires.

Selon Le Parisien, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) participe à l’enquête et examine notamment l’hypothèse d’une implication étrangère.

Le premier incident s’est produit le 1er juin, lorsque plusieurs cocktails Molotov ont été lancés sur le site de l’entreprise par des individus non identifiés.

Les caméras de surveillance ont enregistré la scène, mais aucun incendie ne s’est déclaré. Malgré l’absence de dégâts majeurs, le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour dégradation volontaire par un moyen dangereux.

Un ressortissant biélorusse arrêté après avoir filmé un drone sensible

Quelques jours plus tard, les forces de l’ordre ont interpellé un citoyen biélorusse à proximité du site industriel.

D’après les enquêteurs, l’homme filmait un prototype de drone lors d’essais en extérieur. À la suite de son arrestation, il a été mis en examen pour des faits liés à l’espionnage.

Les services de renseignement cherchent désormais à déterminer si cette opération de collecte d’informations et la tentative d’incendie faisaient partie d’une même action coordonnée.

Delair est devenu un partenaire stratégique de l’Ukraine

L’entreprise Delair figure parmi les principaux fabricants français de systèmes de drones. Ses appareils sont utilisés aussi bien dans le secteur civil que pour des applications militaires.

Depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine, la France a considérablement augmenté ses commandes auprès de l’entreprise afin d’approvisionner les forces ukrainiennes. Initialement limitées à une centaine d’appareils, les livraisons ont ensuite été élargies à plusieurs centaines de drones.

La direction de l’entreprise a déjà indiqué que les contrats liés à la défense constituaient l’un des principaux moteurs de sa croissance récente.

Une multiplication des menaces de sabotage en Europe

Les autorités françaises n’excluent pas que ces incidents s’inscrivent dans une campagne plus vaste visant des entreprises européennes impliquées dans le soutien militaire à l’Ukraine.

Ces dernières années, plusieurs services de renseignement européens ont signalé des tentatives d’espionnage, des cyberattaques, des incendies criminels et d’autres actes de sabotage contre des infrastructures critiques et des sites industriels du secteur de la défense.

L’enquête se poursuit

Les enquêteurs poursuivent actuellement la collecte de preuves et cherchent à identifier d’éventuels complices.

Aucune conclusion définitive n’a encore été rendue publique quant aux responsables des incidents. Toutefois, la piste d’une ingérence étrangère demeure l’une des principales hypothèses examinées par les autorités françaises.

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