La France se réserve le droit de ne pas adhérer à la position des États-Unis, malgré le statut historique d’allié de ces derniers, a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors de la Conférence des ambassadeurs à Paris le 9 janvier.
« Une caractéristique du début de cette année est la situation où nous ne sommes pas toujours en accord avec nos alliés, notamment les États-Unis », a souligné Barrot, rappelant la longue et unique histoire de coopération franco-américaine dans les guerres et les révolutions.
Le principe de « dire non en premier »
Le ministre a insisté sur le fait que les autorités américaines ont le droit de réviser leurs relations avec l’Europe, mais que la France garde également le droit de refuser des propositions inacceptables. « Quand il faut dire « non », le meilleur moment pour le faire est toujours le premier », a-t-il affirmé.
Barrot a mis en garde contre la menace de destruction des institutions internationales et de l’ordre établi après les deux guerres mondiales. Selon lui, les principes du droit international sont dévalorisés, et même ceux qui devraient les garantir remettent parfois en question la souveraineté d’autres États.
Nouveaux risques en matière de sécurité nucléaire
Le ministre a également indiqué qu’avec l’expiration du traité New START le 5 février – dernier traité en vigueur entre les États-Unis et la Russie sur la limitation des armes nucléaires stratégiques – le monde se retrouve à nouveau face à la menace de prolifération nucléaire incontrôlée et à une possible nouvelle course aux armements.
