Macron appelle le G7 à durcir sa réponse face à la Chine : la France veut protéger le marché européen

La France s’impose comme l’un des principaux promoteurs d’une ligne plus ferme à l’égard de la Chine en raison de l’aggravation du déficit commercial entre l’Union européenne et Pékin, rapporte Politico.

Le président Emmanuel Macron cherche à rallier les pays du G7 autour d’une réponse commune aux exportations chinoises soutenues par des subventions publiques, jugées responsables de distorsions de concurrence sur les marchés internationaux.

Le sommet du G7 n’a pas permis de dégager un consensus

Lors d’une réunion consacrée aux déséquilibres économiques mondiaux, organisée à l’initiative de la France en marge du sommet du G7, les principales économies occidentales n’ont pas réussi à s’accorder sur une stratégie commune face à l’excédent commercial chinois, estimé à environ 1 200 milliards de dollars.

La Chine était représentée par le vice-Premier ministre Zhang Guoqing, qui s’est limité à réaffirmer son attachement au multilatéralisme sans répondre directement aux critiques occidentales concernant les pratiques commerciales de Pékin.

L’Europe s’inquiète de plus en plus de la concurrence chinoise

À Paris, les autorités soulignent que le problème dépasse largement le cadre français. L’an dernier, le déficit commercial de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine a atteint près de 360 milliards d’euros, une tendance qui s’est poursuivie au cours des premiers mois de 2026.

Emmanuel Macron plaide pour une utilisation plus active des outils douaniers ainsi que pour un soutien renforcé aux industries européennes. Selon lui, il ne s’agit pas de protectionnisme mais de préserver des conditions de concurrence équitables au sein du marché européen.

L’Allemagne adopte également un ton plus ferme

L’Allemagne semble elle aussi évoluer vers une approche plus stricte. Le chancelier Friedrich Merz, longtemps prudent en raison des liens économiques étroits entre l’industrie allemande et le marché chinois, soutient désormais la nécessité de mesures plus ambitieuses pour rééquilibrer les échanges.

La Commission européenne partage cette préoccupation et affirme rechercher de nouveaux instruments afin de réduire les déséquilibres structurels entre l’Union européenne et la Chine.

L’Union européenne et les États-Unis avancent encore séparément

Malgré leurs inquiétudes communes concernant la politique économique chinoise, les Européens et les Américains ne disposent pas encore d’une stratégie coordonnée. Washington poursuit sa propre politique commerciale vis-à-vis de Pékin et ne semble pas disposé à attendre l’émergence d’une position commune avec ses partenaires européens.

Selon plusieurs analystes, cette absence de front uni pourrait limiter l’efficacité des efforts occidentaux visant à pousser la Chine à revoir son modèle économique axé sur les exportations.

Des divergences persistent au sein de l’Union européenne

L’Union européenne elle-même reste divisée sur la question. Certains États membres, notamment l’Espagne, se montrent réticents face aux propositions françaises les plus offensives, comme l’augmentation significative des barrières commerciales contre les produits chinois.

Malgré ces réserves, Paris continue de défendre un renforcement des enquêtes commerciales, un recours accru aux instruments tarifaires et une meilleure protection des producteurs européens face à ce qu’il considère comme une concurrence déloyale venue de Chine.

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