Macron appelle l’UE à utiliser la « bazooka commerciale » face aux États-Unis sur le dossier du Groenland

Le président français Emmanuel Macron a appelé les dirigeants européens à activer l’Instrument anti-coercition de l’Union européenne (Anti-Coercion Instrument, ACI) en réponse aux projets des États-Unis d’imposer des droits de douane aux pays européens dans le contexte du différend autour du Groenland.

L’information est rapportée par AFP et dpa, citant des sources diplomatiques.

Un mécanisme encore jamais utilisé

L’ACI est un règlement spécial de l’Union européenne conçu pour permettre une réaction rapide face à des pressions politiques ou économiques exercées par des pays tiers. Il autorise notamment des restrictions sur l’importation de biens et de services ainsi que sur l’accès au marché européen. À ce jour, cet instrument n’a encore jamais été activé, ce qui lui vaut le surnom informel de « bazooka commerciale ».

Des sources proches de la présidence française estiment que les démarches de Washington constituent des menaces inacceptables, dépassant les limites d’une pression économique acceptable entre alliés.

L’accord tarifaire UE–États-Unis remis en question

Emmanuel Macron considère également que la position actuelle des États-Unis remet en cause l’accord tarifaire entre l’UE et Washington, conclu en juillet 2025 après un premier cycle de menaces commerciales formulées par Donald Trump.

Selon cet accord, l’Union européenne avait renoncé à des mesures de rétorsion en acceptant notamment :

  • des droits de douane de 15 % sur la majorité des produits européens exportés vers les États-Unis ;
  • des tarifs de 50 % sur l’acier et l’aluminium ;
  • 600 milliards de dollars d’investissements dans l’économie américaine ;
  • 750 milliards de dollars d’achats d’énergie auprès des États-Unis ;
  • une augmentation des achats de défense dans le cadre de l’OTAN.

Un nouveau palier de tensions transatlantiques

Selon des diplomates, une éventuelle activation de l’ACI marquerait un changement qualitatif dans l’approche de l’UE face aux différends commerciaux avec les États-Unis et pourrait ouvrir une nouvelle phase de tensions dans les relations transatlantiques.

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