La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine continue de transformer profondément l’architecture de sécurité européenne. L’un des effets de cette évolution est le rapprochement rapide entre la France et la Suède, qui souhaitent désormais renforcer leur coopération non seulement entre leurs forces armées, mais aussi dans le soutien à l’Ukraine.
À la veille de la visite d’Emmanuel Macron à Stockholm, l’Élysée a indiqué que Paris et la Suède préparaient une aide à l’Ukraine dans le domaine aérien. La partie française n’a pour l’instant pas précisé quels systèmes seraient concernés ni quels volumes seraient livrés.
À Paris, on souligne toutefois qu’il ne s’agit plus de contacts ponctuels, mais de la construction d’un partenariat de défense à long terme. La guerre en Ukraine est devenue l’un des principaux facteurs de ce rapprochement, tandis que l’adhésion de la Suède à l’OTAN lui donne une nouvelle dimension stratégique.
Des achats communs au développement de capacités partagées
Le partenariat dépasse largement la question de l’aide militaire à Kyiv. La France et la Suède évoluent vers un modèle dans lequel les deux pays achètent des équipements militaires l’un à l’autre tout en développant des projets de défense communs.
Fin 2025, la France a commandé à la Suède des avions de surveillance et d’alerte avancée Saab GlobalEye. De son côté, la Suède a choisi le français Naval Group pour construire quatre frégates, dont les livraisons doivent commencer à partir de 2030.
Lors de la visite d’Emmanuel Macron, les deux pays prévoient de formaliser cette coopération à travers un accord-cadre intergouvernemental. Celui-ci devrait couvrir la coopération opérationnelle, l’industrie de défense et le développement commun de capacités militaires.
Le flanc nord de l’OTAN devient un intérêt commun
Pour Paris et Stockholm, ce rapprochement constitue également une réponse à l’évolution de l’environnement sécuritaire européen. Depuis l’adhésion de la Suède à l’OTAN, les deux pays partagent un intérêt stratégique accru pour la protection du flanc nord de l’Alliance.
Le futur partenariat dépasse donc le cadre des relations bilatérales. La France renforce sa présence dans la dimension nordique de la défense européenne, tandis que la Suède bénéficie d’un accès accru aux technologies françaises et aux capacités de son industrie de défense.
Dans ce contexte, l’Ukraine devient de fait l’un des axes pratiques de ce nouveau partenariat. Kyiv pourrait bénéficier du soutien de deux pays européens, tandis que Paris et Stockholm utilisent l’expérience de la guerre pour renforcer et adapter leurs propres capacités de défense.
