Le gouvernement français s’est opposé à la volonté de la chaîne CNews de faire de nouveau intervenir à l’antenne Ksenia Fedorova, ancienne directrice de la rédaction française de la chaîne publique russe RT. Les autorités ont averti que son retour dans l’espace médiatique français pourrait avoir des conséquences pénales, rapporte France 24.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a adressé au régulateur des médias ARCOM une mise en garde concernant les interventions prévues de Fedorova par visioconférence. Selon lui, des mesures avaient déjà été prises à son encontre en raison d’accusations de manipulation de l’information et du débat public, ainsi que d’agissements considérés par les autorités françaises comme contraires aux intérêts fondamentaux du pays.
Fedorova n’a plus le droit de résider en France
Âgée de 45 ans, Fedorova a quitté la France après que la justice a rejeté son recours contre la décision d’expulsion. En août, elle a définitivement perdu le droit de séjourner légalement dans le pays.
Les autorités ont également ordonné le gel de ses avoirs. C’est précisément pour cette raison que, selon la lettre de Laurent Nuñez, l’apparition de Fedorova sur une chaîne de télévision française pourrait être incompatible avec les mesures déjà prises à son encontre par l’État.
De son côté, Fedorova dénonce des accusations relevant selon elle de la censure. Elle affirme également qu’au moment où la décision d’expulsion est devenue effective, elle se trouvait déjà hors de France et n’a donc pas fait l’objet d’une expulsion physique.
CNews au cœur du débat sur l’influence russe
Après l’interdiction de RT France, Fedorova a poursuivi ses activités médiatiques au sein de structures liées au groupe de médias conservateur du milliardaire français Vincent Bolloré, auquel appartient CNews.
La possibilité de son retour à la télévision française relance désormais le débat sur la présence de récits pro-Kremlin dans le paysage médiatique français.
Pour le gouvernement, l’affaire présente non seulement une dimension juridique, mais aussi un enjeu de sécurité. Les autorités françaises avaient précédemment associé les activités de Fedorova à la diffusion de la propagande russe et mettent désormais en garde les médias contre les conséquences potentielles de son retour à l’antenne.
