La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron ont convenu de reporter le grand sommet bilatéral initialement prévu début avril à Toulouse, à après le sommet du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin.
Selon un diplomate français, cité par Politico le 21 février, la demande de report a été formulée par Meloni dès le 12 février, lors d’une rencontre des dirigeants en Belgique sur la compétitivité.
« Le report du sommet n’est pas lié à une récente controverse publique entre les dirigeants », a souligné le diplomate.
Attentes autour du sommet et amitié franco-italienne
Le sommet prévu à Toulouse devait symboliser la reprise des relations transfrontalières et illustrer l’amitié entre la France et l’Italie. La rencontre devait réunir les dirigeants et les ministres clés pour discuter des priorités politiques communes.
Il est à noter que le dernier sommet de haut niveau a eu lieu en 2020, lorsque l’ancien Premier ministre italien Giuseppe Conte avait rencontré Macron à Naples.
Tensions et différends publics
Macron et Meloni se sont régulièrement affrontés sur la migration, l’État de droit et la politique économique. Les tensions se sont ravivées jeudi dernier après la critique de Macron concernant les commentaires de Meloni sur le meurtre de l’activiste d’ultradroite Quentin Deranc, que la Première ministre avait qualifié de « précoce pour toute l’Europe ».
Meloni a déclaré avoir été « surprise » par la réaction de Macron, soulignant qu’elle n’avait pas l’intention de s’ingérer dans les affaires internes françaises et rappelant des différends antérieurs, notamment la déclaration du gouvernement français sur la surveillance de l’État de droit en Italie après sa victoire électorale.
Rapprochement avec l’Allemagne et nouveau équilibre au sein de l’UE
Parallèlement, Meloni se rapproche de plus en plus du chancelier allemand Friedrich Merz. Le mois dernier, ils ont tenu un sommet bilatéral à Rome, défendant un agenda économique favorable au commerce, moins axé sur la promotion française des règles « Made in Europe ».
Cela souligne que, malgré le report du sommet à Toulouse, l’Italie cherche à établir un nouvel équilibre dans ses partenariats européens, en ajustant ses priorités entre Paris et Berlin.
