Après l’affaire Lianna : la France a réexaminé en urgence plus de 85 000 dossiers de violences sexuelles sur mineurs

Les autorités françaises ont lancé une réévaluation sans précédent des procédures pénales relatives aux violences sexuelles commises contre des mineurs, à la suite de l’affaire très médiatisée de la jeune Lianna, qui a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sein du système judiciaire.

À la demande du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, les parquets de l’ensemble du territoire ont réexaminé 85 047 signalements ainsi que 69 626 procédures pénales concernant des infractions sexuelles visant des enfants, rapporte France Info.

Le nombre de nouvelles enquêtes a fortement augmenté

Depuis le 8 juin, les juridictions françaises ont ouvert 1 350 nouvelles informations judiciaires, soit plus de trois fois le volume habituellement enregistré sur une période comparable.

Le ministère de la Justice explique cette hausse par la réévaluation des dossiers archivés et par l’accélération du traitement des affaires les plus sensibles.

Des centaines de suspects ont déjà été placés en détention

À l’issue de cette opération, 675 personnes ont été placées en détention provisoire dans des affaires de violences sexuelles sur mineurs, soit près du double par rapport à la même période de l’année précédente.

Les autorités soulignent que 91,4 % des personnes mises en cause ne présentaient aucun antécédent judiciaire. Dans près de trois quarts des cas, les suspects appartenaient à l’entourage proche ou familial des victimes.

Près d’un millier de dossiers jugés prioritaires

L’audit a également permis d’identifier 970 dossiers considérés comme prioritaires.

Il s’agit d’affaires dans lesquelles les suspects sont déjà identifiés, possèdent des antécédents judiciaires et où les victimes sont encore mineures.

Le ministère de la Justice affirme que ces procédures feront l’objet d’un traitement accéléré afin d’éviter tout retard supplémentaire.

La majorité des victimes ont dénoncé les faits à l’âge adulte

L’examen des dossiers révèle également que seuls 36 % des plaignants sont encore mineurs, tandis que 64 % avaient déjà atteint la majorité au moment du dépôt de plainte ou de l’aboutissement de la procédure judiciaire.

À la lumière de ces résultats, Gérald Darmanin a renouvelé son appel à une réforme du régime de prescription applicable aux violences sexuelles commises contre des enfants. Selon lui, de tels crimes ne devraient jamais pouvoir échapper à la justice, quel que soit le temps écoulé depuis leur commission.

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