Les autorités françaises cherchent un moyen d’enrayer la dégradation des compétences en lecture des élèves. Après la publication des nouveaux résultats de PISA, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé son intention de proposer régulièrement aux parents des listes de livres adaptées aux enfants de différents âges.
Il ne s’agit ni de créer une nouvelle matière obligatoire ni d’imposer des devoirs supplémentaires pendant les vacances, rapporte Le Figaro. Le ministre souhaite mettre en place un repère simple pour les familles, afin de contribuer à maintenir l’habitude de lire tout au long de l’année scolaire.
Le livre doit retrouver sa place dans la vie quotidienne
Selon le projet d’Édouard Geffray, les parents recevraient avant chaque période de vacances — de la Toussaint aux vacances de Noël, puis aux suivantes — des recommandations de lecture adaptées aux différents âges et niveaux scolaires.
Ces listes n’auraient aucun caractère obligatoire. Leur objectif serait de donner envie aux enfants de lire, notamment pendant les périodes où ils ne sont pas à l’école.
Pour le ministre français, cette initiative constitue une réponse à l’évolution des loisirs des jeunes. Selon lui, les contenus numériques et les réseaux sociaux sont devenus des concurrents de plus en plus importants des sources traditionnelles de connaissance.
PISA, un signal d’alerte pour l’ensemble du système éducatif
L’initiative autour des livres intervient dans le contexte de la publication des nouveaux résultats de l’enquête internationale PISA, qui ont mis en évidence la persistance des difficultés des élèves en matière de compréhension écrite.
Édouard Geffray ne considère toutefois pas cette situation comme un problème exclusivement français. À ses yeux, il s’agit d’un bouleversement mondial de l’éducation, qui s’est particulièrement accéléré depuis 2018.
Selon le ministre, la France s’inscrit dans cette tendance internationale, tout en enregistrant un recul encore plus marqué dans certains domaines, notamment en mathématiques.
Les écrans sont devenus une partie du problème
L’un des principaux constats formulés par Édouard Geffray concerne l’environnement informationnel dans lequel grandissent les élèves aujourd’hui.
Le ministre estime que l’éducation et l’accès aux connaissances se sont largement déplacés vers l’univers numérique, tandis que l’usage excessif des réseaux sociaux et des écrans affaiblit la capacité des enfants à rester concentrés.
Il ne relie toutefois pas la baisse des résultats à une diminution des capacités intellectuelles des jeunes générations. Au contraire, Édouard Geffray estime que les enfants d’aujourd’hui ne sont pas moins capables qu’auparavant : ils ont simplement davantage de difficultés à maintenir leur attention sur une longue durée.
Le ministre insiste également sur le rôle des parents. Selon lui, les familles sont aujourd’hui moins impliquées dans le processus éducatif de leurs enfants qu’elles ne l’étaient auparavant.
Le retour à la lecture comme stratégie éducative
Les listes de livres ne constituent donc qu’un élément de la réponse plus large du gouvernement français aux résultats de PISA. Les autorités cherchent à faire passer la lecture du statut d’obligation scolaire à celui d’habitude quotidienne, capable de développer la concentration, le vocabulaire et la capacité à traiter l’information.
Pour Édouard Geffray, le problème ne se limite désormais plus aux résultats scolaires. Il concerne également la transformation de l’environnement dans lequel grandit la nouvelle génération.
C’est précisément pour cette raison que la proposition de rappeler régulièrement aux familles l’importance des livres doit devenir non pas une simple campagne supplémentaire, mais une tentative de rééquilibrer la place des écrans et de la lecture dans la vie quotidienne des enfants français.
