Le tribunal correctionnel de Mulhouse a condamné Anthony Thoma, ancien candidat aux élections municipales sous les couleurs du parti Reconquête !, fondé par Éric Zemmour, pour avoir effectué un geste assimilé à un salut nazi lors d’un rassemblement public.
Âgé de 28 ans, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, le tribunal estimant que les éléments du dossier permettaient de caractériser l’infraction, rapporte Le Monde.
Une vidéo diffusée après une manifestation du 8 mars
L’affaire trouve son origine dans une manifestation organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Une séquence vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montrait le prévenu levant le bras d’une manière que le parquet a qualifiée de salut nazi.
À l’audience, Anthony Thoma a contesté cette interprétation, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de reproduire un symbole lié au régime hitlérien.
Des images à caractère nazi découvertes lors de l’enquête
Dans le cadre des investigations, les enquêteurs ont procédé à l’analyse des supports numériques du prévenu. Selon les éléments présentés devant le tribunal, plusieurs fichiers contenant des représentations et des symboles associés au régime nazi y ont été retrouvés.
L’intéressé s’est présenté comme monarchiste et membre du mouvement Action Française, tout en rejetant toute appartenance à une idéologie néonazie.
Le parquet réclamait une peine plus sévère
Le ministère public estimait que les faits relevaient d’une démonstration explicite de symboles interdits et avait requis quatre mois de prison avec sursis, assortis d’une période probatoire ainsi que de l’obligation de suivre un stage de sensibilisation.
Le tribunal a finalement prononcé une peine moins lourde que celle demandée par le parquet.
Des dommages et intérêts accordés à plusieurs associations
En complément de la condamnation pénale, Anthony Thoma devra verser des dommages et intérêts à plusieurs associations françaises de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, constituées parties civiles dans cette affaire.
À l’issue du jugement, le parquet a indiqué qu’il ne ferait pas appel, considérant que la décision rendue était conforme aux objectifs poursuivis par les poursuites.
