Hollande ne participe pas aux primaires — et c’est précisément là que se joue sa stratégie pour la présidentielle

François Hollande a choisi de rester en dehors des primaires d’octobre du camp social-démocrate. À première vue, cela ressemble à un renoncement à la course présidentielle. En réalité, l’ancien chef de l’État mise sur une autre stratégie : ne pas participer à la bataille interne maintenant et conserver la possibilité de revenir au premier plan si le vainqueur des primaires se révèle insuffisamment convaincant.

Alors que Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et d’autres candidats se préparent à se partager l’électorat de centre gauche, Hollande reste en retrait de la confrontation. Il critique notamment le principe même des primaires, estimant qu’un vote interne pourrait non pas rassembler le camp de gauche, mais accentuer encore ses divisions,, rapporte France info.

Une pause politique qui ressemble de plus en plus à une préparation

Hollande n’a pas annoncé de campagne, mais son activité ressemble de moins en moins à celle d’un homme politique ayant définitivement quitté la scène présidentielle. Il rencontre des électeurs, participe à des débats publics, fait la promotion de son nouveau livre et constitue autour de lui une équipe chargée de la communication, de la mobilisation et des relations avec les élus.

Ses sondages sont également révélateurs. À la fin du mois d’août, Hollande bénéficiait de 25 % de confiance politique, soit le même niveau que Glucksmann. Parmi les sympathisants socialistes, il reste également l’une des personnalités les mieux placées.

Cette situation lui donne une marge de manœuvre : ne pas dépenser son capital politique dans les primaires, tout en conservant sa notoriété et sa présence jusqu’à ce que la situation soit plus claire.

Son calcul n’est pas de gagner en octobre, mais d’attendre décembre

Le principal risque de cette stratégie est que le vainqueur des primaires parvienne à rassembler le centre gauche et ne laisse plus d’espace politique à Hollande.

C’est pourquoi ses adversaires qualifient son approche de risquée. Si les primaires débouchent sur un candidat solide, capable d’obtenir le soutien des socialistes et de leurs alliés, le retour de Hollande pourrait apparaître comme une tentative tardive de reprendre le pouvoir.

Mais si les primaires se terminent dans les conflits, avec une faible mobilisation ou un résultat décevant, l’ancien président pourrait se présenter comme une figure de compromis et de stabilité.

La position actuelle de Hollande est donc paradoxale : il ne participe pas à la principale bataille de l’automne, mais fait tout pour rester parmi ceux qui pourront en déterminer les conséquences.

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