La colère des agriculteurs français ne faiblit pas : les blocages dans le Sud-Ouest se poursuivent même à Noël

Les fêtes de Noël n’ont pas mis fin aux protestations des agriculteurs français. Au matin du 25 décembre, environ une quinzaine de points de blocage restaient en place dans le sud-ouest de la France, dans le cadre de la mobilisation contre la politique gouvernementale de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. Selon le ministère de l’Intérieur, au moins 140 personnes participent aux actions.

Les forces de l’ordre signalent le maintien de blocages sur plusieurs autoroutes clés, rapporte Le Parisien.

Sont notamment concernées l’A63 au sud de Bordeaux, l’A64 entre Toulouse et Bayonne, l’A65 dans les Pyrénées-Atlantiques, ainsi que l’A75 dans les départements de la Lozère et de l’Aveyron. Ces barrages ne paralysent pas totalement la circulation, mais perturbent fortement le trafic.

Noël sous les tentes et les ponts

Dans le secteur de Carbonne, au sud de Toulouse, les manifestants ont organisé une messe de Noël improvisée, réunissant près de 300 personnes. La cérémonie s’est tenue sous un grand chapiteau décoré pour les fêtes, en présence d’un prêtre et d’agriculteurs des communes voisines.

Des initiatives similaires ont eu lieu sur d’autres points de blocage, où les protestataires ont partagé des repas collectifs et organisé des rituels symboliques de Noël.

Selon les agriculteurs, rester mobilisés pendant les fêtes vise à montrer la détermination du mouvement et leur refus de se retirer sans décisions concrètes des autorités.

La politique d’abattage massif au cœur de la contestation

La principale source de tension demeure la stratégie de l’État face à l’épidémie. Depuis le début de l’été, plus de 115 foyers de la maladie ont été recensés en France. Dans le seul département de la Haute-Garonne, plus de 70 vaches ont récemment été abattues après la détection d’un nouveau cas.

La ligne gouvernementale repose sur trois piliers : l’abattage immédiat de l’ensemble du troupeau, la vaccination et la restriction des déplacements des animaux. Cette approche est vivement critiquée par une partie des syndicats agricoles, qui la jugent économiquement destructrice pour les petites et moyennes exploitations.

Réponse des autorités et promesses financières

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, impliqué dans la coordination de la gestion de crise, a adressé une lettre explicative aux organisations agricoles, confirmant le maintien de la stratégie sanitaire actuelle.
Parallèlement, le gouvernement a annoncé le relèvement du fonds d’aide d’urgence à 11 millions d’euros ainsi que le versement de plus de 7 millions d’euros d’avances aux agriculteurs ayant déjà perdu leur cheptel.

Ces mesures sont toutefois jugées insuffisantes par les syndicats. La Coordination rurale et la Confédération paysanne estiment que les compensations ne couvrent pas les pertes réelles et réclament une révision du protocole d’abattage.

La menace d’une nouvelle vague de mobilisations

Les organisations agricoles ont déjà annoncé une nouvelle rencontre avec le Premier ministre en janvier. En l’absence de décisions concrètes, elles n’excluent pas une intensification de la mobilisation, avec de nouvelles actions et un élargissement géographique des blocages.

Ainsi, même durant la période de Noël, le mouvement agricole demeure l’un des défis socio-économiques majeurs pour les autorités françaises en cette fin d’année.

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