Le tribunal administratif français a rejeté le recours en référé déposé par la journaliste et chroniqueuse russe Ksenia Fedorova, qui contestait la décision ordonnant son expulsion du territoire français. Les juges ont estimé que la requérante n’avait pas démontré l’existence de circonstances justifiant la suspension immédiate de la décision des autorités.
Au moment de l’examen de l’affaire, Ksenia Fedorova avait déjà quitté la France et se trouve désormais hors du territoire français, rapporte France 24.
La journaliste affirme qu’elle ne reviendra pas
À la suite de la décision du tribunal, Ksenia Fedorova a déclaré qu’elle ne comptait pas revenir en France tant que l’arrêté d’expulsion ainsi que la décision de gel de ses avoirs ne seraient pas annulés ou suspendus.
Selon ses déclarations, elle se trouvait déjà hors de Paris avant d’apprendre les décisions prises par les autorités françaises.
Les autorités françaises la considèrent comme un vecteur de l’influence informationnelle du Kremlin
La semaine dernière, le ministère français de l’Intérieur a pris un arrêté d’expulsion à l’encontre de Ksenia Fedorova, estimant qu’elle diffusait de manière répétée des discours que les services français considèrent comme relevant des campagnes de désinformation menées par la Russie.
Le gouvernement a également ordonné le gel de ses avoirs financiers, invoquant la nécessité de prévenir un éventuel financement de futures opérations d’influence étrangère.
Les ministres la qualifient ouvertement d’agente d’influence russe
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que les nombreuses interventions publiques de la journaliste reprenaient les positions officielles du Kremlin concernant la guerre menée contre l’Ukraine, le rôle de la France et le soutien international apporté à Kyiv.
De son côté, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié Ksenia Fedorova « d’agente d’influence », estimant qu’elle œuvrait à la diffusion de la propagande russe dans l’espace médiatique français.
Une affaire qui s’inscrit dans la lutte contre les ingérences étrangères
L’affaire Ksenia Fedorova est devenue l’un des exemples les plus emblématiques du durcissement de la politique française en matière de lutte contre les ingérences informationnelles étrangères.
Ces derniers mois, les autorités françaises recourent de plus en plus aux instruments relevant de la sécurité nationale à l’encontre de personnes soupçonnées d’agir au profit d’États étrangers ou de participer à des campagnes de propagande susceptibles d’influencer l’opinion publique et les processus politiques en France.
