Dans une industrie culturelle de plus en plus irriguée par l’intelligence artificielle, certains créateurs choisissent la rupture. À commencer par James Cameron, qui revendique un film « 100 % sans IA » pour Avatar. De feu et de cendres.
Selon France Info, devant les journalistes, le cinéaste insiste sur une création fondée uniquement sur le travail humain et la motion capture.
« Aucune image, aucun plan, aucun effet spécial n’a été réalisé avec de l’IA générative. Tout est humain. »
Pour le réalisateur, l’IA générative représente l’exact opposé de sa vision artistique, car elle crée sans acteurs, sans intention et sans direction.
Une IA déjà omniprésente
Cette posture tranche avec la réalité du secteur. Aux États-Unis comme en France, l’IA s’est installée à tous les étages de la création. Cinéma, animation, jeu vidéo, musique : les usages se multiplient, de la préproduction à l’écriture. Selon Centre national du cinéma, la diffusion de ces outils touche désormais l’ensemble des industries créatives.
Le coût social devient tangible. Aux États-Unis, la grève historique des scénaristes de Hollywood a mis en lumière la fragilisation de nombreux métiers artistiques.
« Fuck AI » et retour à l’authenticité
Cameron n’est pas seul. Guillermo del Toro revendique un cinéma « fait par des humains, pour des humains ». La chanteuse Rosalía affirme, elle aussi, avoir exclu toute IA de son album Lux. Même la publicité s’en empare, avec le loup animé d’Intermarché, conçu sans intelligence artificielle.
Face à la confusion croissante entre œuvres humaines et productions artificielles, le label Fabrication humaine tente d’imposer une certification morale. Une promesse sur l’honneur, faute de moyens techniques pour vérifier. Dans la création, l’humain devient ainsi le nouveau « fait maison ».
