La hausse des captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne s’explique en grande partie par le changement climatique. C’est la conclusion du projet scientifique interdisciplinaire Delmoges, lancé en 2022, dont les résultats ont été présentés le 6 janvier 2026.
D’après Actu-environnement, depuis 2016, la mortalité des petits cétacés n’a cessé d’augmenter, sans que les pratiques de pêche seules suffisent à l’expliquer.
Des dauphins de plus en plus côtiers
Les survols aériens menés durant les hivers 2023 et 2024 montrent un déplacement marqué des dauphins communs vers les eaux côtières en hiver. Les observations réalisées grâce à un navire autonome confirment une forte concentration, près des côtes, des dauphins et de leurs proies, notamment les petits poissons pélagiques.
« Les proies formaient parfois des tapis denses très près du fond, ce qui pourrait attirer les dauphins dans la zone d’action des filets de pêche posés sur le fond », explique l’Ifremer.
L’analyse des contenus stomacaux révèle aussi une évolution du régime alimentaire des dauphins, avec une consommation accrue d’espèces côtières secondaires, signe d’un écosystème en mutation.
Des effets en cascade sur l’écosystème
Le croisement des données des projets Delmoges et Defipel met en évidence une chaîne de transformations liées au réchauffement : hausse de près de 0,8 °C de la température de surface en vingt ans, baisse du phytoplancton, diminution de la taille du zooplancton et des poissons pélagiques. Ces évolutions rapprochent les dauphins des zones de pêche intensive, augmentant mécaniquement le risque de captures.
Pas de réponse unique
Les scientifiques soulignent la complexité du problème. Aucune solution technologique ou réglementaire ne suffit à elle seule. Fermetures ciblées, ajustement de l’effort de pêche et mesures incitatives devront se combiner pour concilier protection des dauphins et viabilité économique de la pêche.
