Face à Washington, la gauche française se fracture

L’hostilité de la gauche française à la puissance américaine ne date pas d’hier. François Mitterrand l’exprimait déjà sans détour.

Selon Le Monde, il voyait dans les États-Unis un adversaire stratégique engagé dans une « guerre économique » silencieuse mais déterminante.

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique », confiait-il.

Trois décennies plus tard, cette défiance ressurgit avec force. Les interventions de Donald Trump au Venezuela et ses menaces répétées sur le Groenland alimentent un sentiment d’ingérence et de brutalité impériale.

Une gauche divisée sur la réponse à apporter

Si l’ensemble des partis de gauche dénoncent la politique américaine, l’unité s’arrête là. Une fracture profonde oppose les partisans d’une riposte européenne aux défenseurs d’une réponse strictement nationale. Les premiers plaident pour une autonomie stratégique de l’Union européenne. Les seconds revendiquent un retour à la souveraineté étatique.

Dans un entretien accordé à Libération, François Hollande a résumé cette rupture transatlantique.

« Les Européens prennent conscience que les États-Unis ne sont plus leurs alliés », a-t-il déclaré, évoquant un « déchirement » durable.

Entre rejet de l’impérialisme américain et désaccord sur les moyens d’y répondre, la gauche peine encore à formuler une ligne cohérente face à Washington.

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