Derrière la production de drones utilisés dans la guerre en Ukraine, une réalité dérangeante apparaît. Des jeunes filles africaines se retrouvent recrutées pour travailler dans des usines en Russie. On les attire avec des promesses trompeuses. On leur vend un emploi stable, parfois une formation, parfois un avenir. Mais une fois sur place, la vérité tombe brutalement.
D’après BFM, elles intègrent des sites liés à la fabrication de drones destinés au conflit. Elles travaillent dans des conditions difficiles. Le rythme épuise. La pression augmente. Et les risques s’accumulent. Certaines manipulent des substances ou des matériaux potentiellement dangereux. Leur santé se fragilise. Leur sécurité passe au second plan.
Une main-d’œuvre vulnérable au service d’un conflit
Ces jeunes travailleuses, souvent isolées et dépendantes, n’ont presque aucune marge de manœuvre. Elles vivent loin de leur famille. Elles ne maîtrisent pas toujours la langue. Et elles se retrouvent enfermées dans une mécanique qui les dépasse. Au bout de la chaîne, leurs gestes alimentent directement la guerre.
Le chercheur Thierry Vircoulon, spécialiste à l’IFRI, a enquêté sur ce phénomène. Il décrit une stratégie de recrutement fondée sur le mensonge et l’exploitation. Une stratégie qui transforme la vulnérabilité en ressource. Et qui déplace, dans l’ombre des usines, une partie du coût humain de la guerre.
