À Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, une élève de seconde du lycée Maurice-Genevoix a décidé de parler. Elle accuse son professeur d’EPS de violences sexistes et sexuelles. Les faits rapportés sont graves. Ils choquent par leur répétition. Et par l’absence de sanctions visibles.
Dans une lettre, puis auprès de BFMTV, Lili*, 15 ans, décrit des comportements qu’elle juge inacceptables. Elle évoque des intrusions dans les vestiaires des filles. Elle parle aussi de vidéos prises sans consentement pendant les cours.
« Le prof est rentré dans le vestiaire des filles sans prévenir. »
Lors d’une séance, l’enseignant aurait demandé aux élèves de se mettre à quatre-pattes. Il les aurait filmées malgré leurs protestations. L’adolescente explique avoir demandé le sens pédagogique de l’exercice. Elle n’obtient aucune réponse.
« Il disait : “tant que tout le monde n’est pas à quatre-pattes, on ne continue pas”. Il filmait toujours. »
Quand les élèves refusent, le ton monte.
« Il criait : “je fais ce que je veux de la vidéo, je n’ai pas besoin de ton droit”. »
Des alertes anciennes, aucune sanction visible
Lili n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, des témoignages s’accumulent. Certains évoquent des mains posées sur les fesses lors de séances d’escalade. D’autres dénoncent des remarques sexistes ou grossophobes. Les parents alertent régulièrement.
Selon la FCPE, la direction convoque le professeur à plusieurs reprises. À chaque fois, il se met en arrêt maladie. Aucune mesure forte ne suit. L’enseignant reste en poste.
Aujourd’hui, les élèves refusent d’assister à ses cours. Les parents craignent des sanctions scolaires. Le rectorat affirme mener des investigations. Les familles attendent désormais des actes.
