En Ukraine, les autorités judiciaires ont recensé plus de 200 000 crimes de guerre depuis le début de l’invasion russe en février 2022.
Selon les données communiquées par les autorités ukrainiennes, 211 000 cas de violations graves du droit international humanitaire ont été listés en quatre ans de guerre, un chiffre sans précédent qui donne une idée de l’ampleur des souffrances et des violences dans le pays.
Une tâche gigantesque pour la justice
Selon Le Monde qui rapporte les propos du procureur général d’Ukraine, Ruslan Kravchenko, ces crimes couvrent l’ensemble des violations du droit humanitaire : « assassinats, tortures, violences sexuelles, bombardements indiscriminés, pillages… » font partie de la liste.
D’après le procureur, bien que ce chiffre astronomique inclue des milliers de faits encore à prouver devant les tribunaux, 800 actes d’accusation ont déjà été émis, et 240 personnes ont été condamnées par contumace par les tribunaux ukrainiens pour des crimes de guerre.
L’Ukraine ne compte pas attendre la fin du conflit ou l’arrestation des suspects ; elle mène des procès in absentia, c’est-à-dire sans la présence des accusés, « selon les normes internationales » pour rassembler des récits de victimes et de témoins, les vérifier et « valider par la justice ».
Coopération internationale et perspectives
Le procureur général insiste sur l’importance de la coopération avec la justice internationale. Il se dit « heureux de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) » basée à La Haye, qui a déjà émis six mandats d’arrêt contre des dirigeants russes, dont le président Vladimir Poutine, pour certains crimes tels que les déportations d’enfants et les bombardements d’infrastructures civiles.
Mais M. Kravchenko souligne également l’espoir placé dans le projet d’un tribunal spécial pour juger l’agression russe, dont l’actuel Centre international pour la poursuite du crime d’agression (CIPA) constitue une étape.
Il affirme : « Ce tribunal est notre priorité… et chaque preuve de ces 211 000 crimes sera à sa disposition. »
À Kiev, cette approche est devenue une priorité diplomatique, avec le chef de l’État Volodymyr Zelensky et le ministère des Affaires étrangères qui estiment qu’il existe de meilleures chances de poursuivre M. Poutine pour le crime d’agression que de prouver devant la CPI son implication directe dans les crimes de guerre de l’armée russe.
