Le constructeur automobile a publié ses résultats ce jeudi 26 février. Et le chiffre est terrible. Stellantis annonce une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025.
Comme le rapporte TradingSat, citant l’AFP, il s’agit de l’une des pertes les plus lourdes jamais enregistrées pour un groupe coté à Paris. Le record absolu reste détenu par Vivendi (-23,3 milliards en 2002). Stellantis rejoint désormais le cercle très fermé des catastrophes boursières, aux côtés de France Télécom et EDF.
Pourquoi une telle hécatombe ?
Cette perte était en réalité annoncée. Le 6 février, Stellantis avait opéré un « reset » stratégique radical. Le groupe a drastiquement réduit ses ambitions dans le véhicule électrique.
Conséquence directe : il a dû passer 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Ces dépréciations concernent l’arrêt de projets, des outils de production devenus inutiles et une chaîne d’approvisionnement redimensionnée à la baisse.
Le poids du marché américain
Pourquoi ce revirement ? Stellantis a pris acte de la réalité du marché américain. Les ménages ne s’arrachent pas l’électrique. Surtout, l’administration Trump a porté un coup fatal à ce secteur. Elle a supprimé les incitations fiscales à l’achat de véhicules propres. Elle a aussi enterré les amendes pour dépassement des seuils de CO2.
Des comptes dans le rouge vif
Le chiffre d’affaires a reculé de 2%, à 153,5 milliards d’euros. Surtout, le groupe est passé d’un bénéfice opérationnel de 8,65 milliards… à une perte de 842 millions. La trésorerie, elle, s’est consumée à hauteur de 4,5 milliards d’euros. Conséquence logique : aucun dividende ne sera versé.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Stellantis espère un rebond progressif en 2026. Le constructeur vise une hausse des revenus d’environ 5%. Mais la marge opérationnelle restera faible (entre 1% et 4%). Et le flux de trésorerie devrait rester dans le rouge.
Pour en savoir plus, les investisseurs devront patienter jusqu’au 21 mai. Le groupe tiendra ce jour-là une journée dédiée pour détailler sa stratégie. Une question brûlante reste en suspens : après un tel trou d’air, le géant auto saura-t-il redresser la barre ?
