La France lance un programme de souveraineté numérique : abandon de Windows dans le secteur public

Le gouvernement français a annoncé le lancement d’une initiative d’envergure intitulée « souveraineté numérique », qui prévoit un abandon progressif du système d’exploitation Windows au sein des administrations publiques.

À la place, une transition vers des solutions open source, notamment basées sur Linux, est envisagée.

La réforme est planifiée sur plusieurs années, avec pour objectif qu’à l’horizon 2028, la majorité des institutions publiques — y compris les ministères et les collectivités locales — aient achevé cette transition.

Les raisons de l’abandon des technologies américaines

La décision repose principalement sur des préoccupations liées à la cybersécurité et au contrôle des données. Les autorités françaises s’inquiètent de la dépendance vis-à-vis des solutions proposées par de grandes entreprises technologiques, en particulier dans le domaine des services cloud utilisés pour des infrastructures critiques.

Le passage à des technologies ouvertes est perçu comme un moyen de renforcer le contrôle des flux d’information et de limiter l’influence extérieure sur les systèmes numériques de l’État.

Financement et développement d’un écosystème national

Un financement initial d’environ 500 millions d’euros a déjà été alloué à la mise en œuvre du programme. Ces fonds serviront à former des spécialistes IT, moderniser les infrastructures et adapter les logiciels professionnels.

Un accent particulier est mis sur la création de dépôts nationaux de logiciels et sur le soutien aux développeurs européens. L’objectif est de stimuler le marché local des technologies et de réduire la dépendance aux fournisseurs globaux.

Expériences précédentes et ampleur de la transition

La France dispose déjà d’une expérience dans l’utilisation de solutions open source, notamment au sein des forces de l’ordre, où des systèmes basés sur Linux ont été déployés. Ces initiatives ont permis de réduire les coûts de licences et de prolonger la durée de vie des équipements.

Cependant, le programme actuel est d’une ampleur bien plus importante et concerne l’ensemble du secteur public. Les premiers à adopter ce modèle devraient être les ministères clés, notamment ceux chargés des finances et de l’intérieur.

Impact potentiel sur l’Europe et le marché

Selon les experts, cette initiative pourrait servir de signal pour d’autres pays de l’Union européenne, les incitant à réévaluer leur dépendance aux solutions informatiques étrangères.

Elle pourrait également influencer la position des grandes entreprises technologiques sur le marché européen des services publics. La démarche française illustre que la souveraineté numérique est désormais considérée comme un élément central de la sécurité nationale et du développement stratégique.

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